Économie

Le Sénégal relance le projet d’émission d’obligations islamiques

Le Sénégal relance son projet d’émission de sukuk (obligations charia-compatibles) de 100 milliards de F CFA en 2014, en partenariat avec la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID).

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Mis à jour le 14 octobre 2013 à 15:42

Amadou Ba (photo) a été nommé ministre de l’Économie et des Finances du Sénégal en septembre 2013. © DGID

Envisagé dès 2011, le projet d’émission par le Sénégal d’obligations charia-compatibles (sukuk) pourrait bientôt voir le jour. C’est ce qu’ont annoncé les autorités sénégalaises le 13 octobre, dans un communiqué commun avec la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID), filiale de la Banque islamique de développement. Ainsi, le Sénégal compte lancer un projet de sukuk de 100 milliards de francs CFA (environ 200 millions de dollars), avec pour objectif une émission sur les marchés en 2014. La SID et le groupe financier Citigroup sont les co-chefs de file du projet.

Sukuk

Les Sukuk (obligations charia-compatibles) sont une alternative aux obligations classiques qui, portant intérêt, sont illicites selon l’islam. Aussi, les sukuk sont des produits financiers adossés à un actif tangible (et obligatoirement licite aux yeux de l’islam) et à échéance fixe qui confère un droit de créance à leurs propriétaires.

Les détenteurs d’obligations « islamiques » reçoivent donc une part du profit attaché au rendement de l’actif auquel ces obligations sont adossées et/ou ont servi à financer.

Première

Ce projet, le premier en son genre dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), devrait permettre au Sénégal d’accéder aux ressources des fonds islamiques des pays du Golfe et de diversifier ses sources de financement. Pour Amadou Ba, le ministre sénégalais de l’Économie et des Finances, ce projet est « le début d’un programme ambitieux qui pourrait mener au financement d’infrastructures innovantes et de projets d’énergie via l’émission de sukuk ».

En septembre 2012, le Sénégal et la Banque islamique de développement ont signé un document stratégique de partenariat qui devait permettre de mobiliser jusqu’à 680 milliards de F CFA (environ 1 milliard d’euros) entre 2012 et 2015, afin de permettre au Sénégal d’améliorer son efficacité d’intervention dans les secteurs tels que l’agriculture, l’énergie, le transport, l’assainissement et le développement du secteur privé.

Offre insuffisante

L’émission de sukuk souverains au Sénégal constituerait une étape importante pour le développement de la finance islamique en Afrique subsaharienne. En effet, si entre 2010 et 2012, la SID a accordé plus de 180 millions de dollars de financement sous forme de prêts en Mauritanie, au Soudan, en Gambie, au Gabon et au Mali, l’offre d’obligations souveraines reste faible. Hormis la Gambie, jusqu’à présent la première émission d’obligations souveraines islamiques de taille a été lancée début octobre 2013 par l’État d’Osun au Nigeria, pour 10 milliards de naira (environ 60 millions de dollars).

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