Société

Manifestation sans précédent contre les shebab à Mogadiscio

Des enfants crient des slogans lors d'un rassemblement le 30 octobre 2009 à Mogadiscio

Des enfants crient des slogans lors d'un rassemblement le 30 octobre 2009 à Mogadiscio © AFP

Des centaines de personnes ont manifesté à Mogadiscio lundi, pour protester contre la violence des islamistes shebab. Jeudi, un attentat avait tué 24 personnes, dont quatre ministres.

Des centaines de personnes ont manifesté lundi à Mogadiscio pour dénoncer la violence des insurgés islamistes shebab, un rassemblement sans précédent dans la capitale somalienne en guerre.

Les manifestants se sont regroupés dans la matinée devant l’hôtel Shamo, où 24 personnes ont été tuées le 3 décembre dans un attentat suicide perpétré lors d’une remise de diplômes à des étudiants en médecine.

Ils ont notamment brûlé le drapeau noir et blanc frappé du sceau du prophète, bannière adoptée par les shebab et plus généralement par les partisans d’Al-Qaïda dans le monde.

"A bas les shebab", "assez de violence" scandaient les manifestants, qui ont accusé la milice islamiste d’être responsable de ce "massacre d’innocents".

Le cortège s’est arrêté quelques instants devant l’université de Banadir, faculté de médecine où étudiaient la plupart des victimes.

"Ces centaines d’habitants de Mogadiscio se sont rassemblés spontanément. Les gens sont écoeurés des tueries aveugles des terroristes", a affirmé à l’AFP un officier de police, Farah Osman Kalafoge.

"Je participe à cette manifestation pour montrer mon ressentiment après cet acte cruel qui a tué nos futurs docteurs et journalistes", a expliqué un manifestant, Mohamed Yare.

"Nous ne pouvons plus supporter ces tueries, tout le monde doit s’opposer à la violence", a plaidé un autre participant, Muhubo Adan Kheyre.

"Cette attaque était un message clair à tout le pays. Cela montre que ces gens (les shebab, ndlr) n’épargneront personne, nous devons les combattre", a renchérit Yusuf Sahal.

S’opposer aux shebabs peut signifier la mort

La manifestation s’est déroulée dans la petite partie de la capitale somalienne encore sous contrôle du gouvernement de transition (TFG), assiégé par les shebab et leurs alliés locaux du Hezb al-Islam. Des membres des forces pro-gouvernementales assuraient la sécurité du cortège.

Un tel rassemblement contre les islamistes est sans précédent dans Mogadiscio, où s’opposer publiquement à ce groupe peut signifier la mort. Les manifestants –en majorité des femmes et des enfants– étaient pour la plupart des proches des victimes de l’attentat suicide de l’hôtel Shamo.

Quatre ministres, trois journalistes locaux et une majorité d’étudiants figurent parmi les victimes de cette attaque qui a choqué de nombreux Somaliens et porte la marque des habituels attentats suicide commis par les insurgés islamistes.

Le président somalien Cheikh Sharif Ahmed a accusé les shebab, qui de leur côté ont démenti toute implication.

Les shebab, qui se réclament d’Al-Qaïda et de son idéologie du jihad (guerre sainte) mondial, ont mené de nombreux attentats suicide contre les membres du TFG et la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom), déployée à Mogadiscio pour y soutenir le gouvernement.

Vendredi dernier, à l’issue de la traditionnelle prière dans les mosquées, la milice soufie (modérée) Ahlu Sunna wal Jamaa avait organisé une manifestation similaire à Dhusamareb (centre de la Somalie), appelant à combattre les shebab.

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