Justice

Génocide : une journaliste rwandaise condamnée à perpétuité

Crânes de victimes du génocide rwandais de 1994 au mémorial de Ntarama, le 27 février 2004 à Ny © AFP

Pour avoir incité ses auditeurs à chasser et tuer des Tutsi pendant le génocide rwandais en 1994, Valérie Bemeriki vient d'écoper d'une peine à pepétuité dans un jugement rendu par les juridictions gacaca.

Une ex-journaliste de l’ancienne Radio-télévision libre des milles collines (RTLM), Valérie Bemeriki, a été condamnée à la perpétuité pour son rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda, a-t-on appris lundi auprès de militants des droits de l’homme.

Mme Bemeriki, qui avait plaidé coupable devant un tribunal gacaca (juridiction populaire rwandaise) de Kigali, a été reconnue coupable samedi de "planification du génocide, incitation des Hutu au génocide, complicité d’assassinat de plusieurs personnes et familles". Elle avait avoué avoir lancé sur les ondes de la RTLM des appels à rechercher et tuer les Tutsi.

Deux fondateurs de la RTLM, l’historien Ferdinand Nahimana et le juriste Jean Bosco Barayagwiza ont été condamnés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), respectivement à 30 ans et 32 ans de prison.

Les condamnations s’enchaînent

Toujours samedi, un auteur et acteur de théâtre rwandais, Dismas Mukeshabatware, condamné à 19 ans de prison ferme en octobre dernier, se défendait devant la chambre d’appel du tribunal gacaca de Ngoma, dans le district de Huye (sud). L’arrêt sera rendu mercredi.

Jeudi, le tribunal gacaca de Ntyazo, dans le district de Nyanza (sud) a infligé la prison à vie au chanteur Juvénal Masabo Nyangezi qui était jugé par contumace et vivrait actuellement en Europe, selon plusieurs militants rwandais des droits de l’homme joints au téléphone.

Célèbre chanteur rwandais, grand chantre de l’amour, Juvénal Masabo Nyangezia été condamné pour incitation à commettre le génocide dans les préfectures de Butare et Gikongoro (sud du Rwanda).

Des tribunaux dirigés par des citoyens

Inspirées des anciennes assemblées lors desquelles les sages du village tranchaient les différends, assis sur le gazon (gacaca, en langue rwandaise), les juridictions gacaca sont chargées de juger les auteurs présumés du génocide de 1994, à l’exception des " planificateurs" au niveau national.

Les personnes siégeant dans ces tribunaux ne sont pas des magistrats professionnels mais des citoyens intègres désignés au sein de leur communauté.

Les gacaca qui ont jugé plus d’un million de personnes, selon les autorités rwandaises, sont en train de boucler leurs derniers procès et devraient clore leurs travaux en février 2010.

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