Société

RD Congo : 1.400 civils tués dans l’est entre janvier et septembre

Au moins 1. 400 civils ont été tués dans l’est de la RD Congo par « des forces gouvernementales et rebelles » entre janvier et septembre, a affirmé lundi Human Rights Watch (HRW), qui recommande à l’ONU de mettre en place un « plan de protection » des populations.

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Mis à jour le 15 décembre 2009 à 08:23

HRW recommande à l’ONU de créer « un groupe d’experts » pour protéger les civils

Dans un rapport intitulé " »Vous serez punis »: attaques contre les civils dans l’est du Congo", HRW détaille "le meurtre délibéré de plus de 1. 400 civils entre janvier et septembre 2009 lors de deux opérations successives de l’armée congolaise" contre les rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

"Des soldats de l’armée congolaise et des combattants rebelles des FDLR s’en sont pris aux civils, les accusant d’être des collaborateurs et ils les ont "punis" en massacrant un grand nombre d’entre eux à coups de machette", affirme l’ONG, citant des témoignages de plus de "600 victimes, témoins et membres des familles des victimes".

"Impulser un véritable plan de protection des civils"

HRW recommande à l’ONU de créer "un groupe d’experts" pour mettre en place "des stratégies de protection des civils" dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où "la majorité des victimes étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées".

"La poursuite des meurtres et des viols commis par toutes les parties au conflit dans l’est du Congo montre que le Conseil de sécurité de l’ONU a besoin d’une nouvelle approche concernant la protection des civils", selon Anneke Van Woudenberg, chercheuse à HWR, cité dans le communiqué.

"Le Conseil de sécurité devrait envoyer un groupe d’experts au Congo pour impulser un véritable plan de protection des civils", a insisté Van Woudenberg.

7. 500 cas de violences sexuelles

L’ONG exhorte une nouvelle fois la Mission de l’ONU en RDC (Monuc) à "cesser immédiatement" son soutien logistique aux Forces armées de RD Congo (FARDC) "jusqu’à ce que des procédures claires, assorties des moyens de les mettre en oeuvre et de les évaluer, soient mises en place pour empêcher les violations du droit international humanitaire".

HWR affirme par ailleurs que "l’ONU a enregistré plus de 7. 500 cas de violences sexuelles contre des femmes et des filles dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, dans l’est du Congo", entre janvier et septembre.

"Ces chiffres dépassent presque ceux qui ont été enregistrés pour toute l’année dernière et ne représentent probablement qu’une fraction du total. La plupart des femmes et des filles ont été violées en groupe, certaines si brutalement qu’elles en sont mortes", commente HWR.