Politique

Guerre du pétrole : le Mend reprend du service

Le principal groupe armé du sud pétrolifère du Nigeria, le Mend, a affirmé samedi avoir mené une attaque dans le delta du Niger contre un oléoduc opéré par les groupes Shell et Chevron.

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Mis à jour le 19 décembre 2009 à 16:15

Le Mend mltiplie ses attaques contre les installations pétrolifères du delta du Niger © AFP

Dans un courrier électronique transmis à l’AFP, le Mend a fait état d’une attaque de "semonce" menée dans la nuit de vendredi à samedi dans l’Etat de Rivers à l’aide de cinq bateaux ayant à leur bord 35 militants munis d’armes lourdes et de lance-roquettes. Cette annonce du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend) intervient après une trêve de près de deux mois.

Le Mend a expliqué samedi dans son communiqué qu’il se donnait 30 jours pour décider de l’arrêt ou de la poursuite de son cessez-le-feu. Il accuse le gouvernement d’avoir suspendu les discussions en prenant prétexte de l’état de santé du président Umaru Yar’Adua, hospitalisé depuis le 23 novembre en Arabie Saoudite où il est soigné pour des problèmes cardiaques.

Le groupe rebelle juge notamment "inacceptable" que "l’avenir du delta du Niger soit lié à la santé et au bien-être d’un homme".

Fin du dialogue ?

Le mouvement, qui réclame une meilleure répartition des revenus pétroliers au profit des populations locales, avait décrété le 25 octobre un cessez-le-feu illimité pour "encourager le dialogue" avec les autorités fédérales.

Une amnistie offerte par le président nigérian aux combattants armés du delta, entre août et octobre, avait auparavant conduit à une accalmie de plusieurs mois.

Cette accalmie a permis à la production pétrolière du delta de remonter à 1,98 millions de barils par jour (mbj) en novembre, selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie.

En raison d’attaques incessantes d’installations pétrolières et de navires pendant plus de trois ans, elle avait été en chute libre, après avoir atteint 2,6 mbj en 2006.