Justice

Inculpation du Nigérian après l’attentat manqué sur le vol Amsterdam-Detroit

| Par AFP
La tentative d’attentat a entraîné un durcissement des mesures de sécurité dans les aéroports

La tentative d'attentat a entraîné un durcissement des mesures de sécurité dans les aéroports ©

Un Nigérian de 23 ans a été inculpé samedi aux Etats-Unis pour son attentat manqué à bord du vol 253 d’Amsterdam à Detroit.

Umar Farouk Abdulmutallab, le fils d’un banquier, devait comparaître dans la journée devant un juge pour avoir "tenté de détruire un avion Northwest Airlines en approche finale de l’aéroport de Detroit le jour de Noël, et avoir introduit un explosif à bord de l’appareil", a indiqué un communiqué du ministère de la justice.

Il a tenté de faire sauter l’Airbus A330, avec 278 passagers et 11 membres d’équipage à bord, avec de la penthrite, un explosif puissant.

Selon des experts cités par les médias, il a tenté de la faire détoner selon une technique nouvelle jugée indétectable aux rayons X, ce qui pourrait expliquer pourquoi il a passé sans difficulté les contrôles de l’aéroport d’Amsterdam-Schipol, jugés très sérieux.

La police néerlandaise a aussi indiqué qu’il avait commencé son voyage à Lagos, en possession d’un visa américain en cours de validité.

L’attentat manqué a déclenché une vaste enquête internationale, mais peu de choses ont encore filtré publiquement sur ce jeune homme musulman.

Fils d’un banquier à la retraite

L’University College de Londres (UCL) a confirmé samedi matin qu’il avait effectué des études d’ingénieur dans l’établissement entre 2005 et 2008.

La police britannique a aussi fouillé samedi un immeuble où il aurait séjourné dans un quartier chic de Londres. "Nous avons travaillé étroitement avec les autorités américaines pour enquêter sur cet incident depuis qu’il s’est produit", a assuré de son côté le Premier ministre britannique Gordon Brown.

Son père, le banquier retraité Umaru Mutallab, a affirmé à l’AFP être "bouleversé".

Selon les témoins et l’ordonnance d’inculpation, Umar Farouk Abdulmutallab a essayé de faire sauter un mélange de poudre et de liquide qu’il portait sur lui, provoquant une petite explosion et un début d’incendie, alors que l’avion commençait sa descente vers Detroit.

Grièvement brûlé, il a été aussitôt maîtrisé par Jasper Schuringa, un passager néerlandais, puis a été déshabillé pour vérifier qu’il n’avait pas d’autres explosifs. Il a été arrêté à l’atterrissage par le FBI.

Durcissement des mesures de sécurité

D’après des sources citées par les médias, l’homme figurait sur une liste de personnes à surveiller. Il n’était toutefois pas considéré particulièrement actif et il ne lui était pas interdit d’embarquer à bord d’un vol pour les Etats-Unis.

M. Abdulmutallab se serait présenté aux policiers comme ayant des liens avec Al-Qaïda.

Selon des enquêteurs cités samedi par la chaîne ABC, les dirigeants d’Al-Qaïda au Yémen sont les instigateurs de ce qui devait être un attentat-suicide. Ils auraient cousu les éléments d’une petite bombe de 80 grammes de penthrite dans les sous-vêtements du suspect.

CNN a cité de son côté des "sources familiales" selon lesquelles les parents du suspect étaient inquiets de sa radicalisation islamiste. Ces sources ont également accrédité l’idée d’un séjour récent de M. Abdulmutallab au Yémen.

La tentative d’attentat a entraîné un durcissement immédiat des mesures de sécurité dans les aéroports, notamment européens, avec la fouille au corps de tous les passagers en partance pour les Etats-Unis ou des contrôles supplémentaires des bagages à main.

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Le président Barack Obama, qui est en vacances à Hawaï, a été tenu informé samedi matin de l’avancée de l’enquête et de la mise en oeuvre des mesures de aériennes supplémentaires qu’il avait réclamées vendredi.

"Les passagers internationaux voyageant vers les Etats-Unis devraient constater la mise en place de mesures de sécurité supplémentaires", a indiqué la ministre américaine de la Sécurité intérieure Janet Napolitano.

"Ces mesures sont conçues pour être imprévisibles, et les passagers ne doivent donc pas s’attendre à voir partout la même chose", a-t-elle ajouté.

Il y a huit ans presque jour pour jour, le 22 décembre 2001, le Britannique Richard Reid avait tenté de faire exploser un vol Paris – Miami en dissimulant un explosif dans sa chaussure.

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