Société

Ce qu’il faut attendre du Mondial 2010 en Afrique du Sud

Alors que le président Jacob Zuma appelle ses compatriotes à se mobiliser pour la réussite du Mondial 2010, prévu dans six mois, quelques questions importantes se posent sur l’organisation de cet événement capital pour l’économie sud-africaine.

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Mis à jour le 31 décembre 2009 à 15:35

Des supporteurs sud-africains lors d’un match de la Coupe des confédérations le 17 juin 2009 © AFP

. Le pays sera-t-il sûr ?

Le trophée de la Coupe du monde est arrivé symboliquement au Cap le 1er décembre et Danny Jordaan, président du comité d’organisation du Mondial, y a vu "la mort des doutes". La police sud-africaine s’est ensuite félicitée d’un tirage au sort sans accroc dans cette même ville trois jours plus tard. Mais le Cap n’a pas la dangerosité de certains quartiers de Johannesburg et un tirage au sort n’a rien à voir avec l’organisation d’un tournoi à 32 équipes. La première puissance économique du continent aura du mal à faire oublier une cinquantaine de meurtres par jour. L’Afrique du Sud est toutefois passée aux actes: Un budget de 100 millions d’euros a été alloué aux forces de sécurité, qui ont multiplié les formations avec les polices européennes.

. Transports et logement: faut-il craindre une flambée des prix ?

Le ministère du tourisme a répété que les quelque 450. 000 supporteurs attendus n’avaient plus de souci à se faire pour le logement: "Plus de 202. 000 chambres sont disponibles dans le pays, ce qui devrait être amplement suffisant". Mais une flambée des prix est redoutée. "Les prix vont certainement augmenter, tout le monde cherche à faire du profit", reconnaît Errol Heynes, responsable du comité d’organisation du Mondial pour le site de Port Elizabeth, sur la côte sud. Logement et transport sont liés. Les hôtels sont souvent concentrés dans les grandes agglomérations, loin de certains sites comme Polokwane (nord). Et sur certaines lignes, les prix des billets d’avion ont déjà été multipliés par six pour la période du Mondial (11 juin-11 juillet).

. Les stades seront-ils prêts ?

En lançant fièrement que les stades étaient achevés le 2 décembre, M. Jordaan s’est un peu avancé. Il faut distinguer les bons élèves, comme le site de Nelson Mandela Bay/Port Elizabeth au sud et son enceinte sportive, surnommée le "Tournesol" pour sa forme vue du ciel, opérationnelle dès juin de cette année. En revanche, à Nelspruit, au nord-est, les pelleteuses étaient encore en action à la mi-décembre sur ce qui doit devenir la pelouse du stade Mbombela, attendue en février. Mais l’avenir des stades laisse perplexe. Les sites de Nelspruit et Polokwane (nord), avec 45. 000 places chacun, loin des grands centres urbains, risquent bien de devenir des coquilles vides après le Mondial.

. Quelle sera l’ambiance ?

Le président de la Fifa l’a répété: pas question d’interdire les vuvuzelas, ces trompettes locales dont le bourdonnement assourdissant a surpris pendant la Coupe des Confédérations. L’ambiance est donc garantie. Mais les stades seront-ils toujours pleins ? Cette donnée dépendra d’abord des résultats des Bafana Bafana, sélection sud-africaine aux résultats peu glorieux (87e nation au dernier classement Fifa) qui vient de changer d’entraîneur (Carlos Alberto Parreira à la place de Joel Santana). "L’Afrique du Sud ne doit pas être le premier pays hôte à être éliminé au premier tour", martèle sans cesse M. Jordaan. Tombés dans le groupe A avec la France, le Mexique et l’Uruguay, les Sud-Africains ne pavoisent pas. Si les Bafana Bafana ne dépassent pas la phase de poule, leurs supporters se reporteront derrière les autres équipes africaines. Mais la Côte d’Ivoire, porteuse d’espoirs, a été versée dans un groupe de la mort (Brésil, Portugal, Corée du Nord).