Société

L’Erythrée dénonce une « attaque » de l’Ethiopie

© AFP

Asmara a accusé les troupes éthiopiennes d'avoir lancé une attaque, démentie par Addis Abeba, sur leur frontière commune. Les désaccords frontaliers avaient provoqué une guerre sanglante entre les deux voisins entre 1998 et 2000.

L’Erythrée a accusé dimanche son voisin et rival éthiopien, qui a catégoriquement démenti, d’avoir lancé une attaque le long de leur frontière commune, dans un communiqué publié sur le site internet du ministère érythréen des Affaires étrangères.

"Aux premières heures du 1er janvier 2010, des soldats du TPLF (Front de libération des peuples du Tigré – au pouvoir en Ethiopie) ont lancé des attaques successives sur le front de Zalambesa et ont été rapidement repoussés", affirme le ministère érythréen des Affaires étrangères.

"Il n’y a jamais eu d’incursion"

"Dix de leurs soldats ont été tués et deux capturés, abandonnant six fusils mitrailleurs AK-47, une mitrailleuse et des équipements de communication", a ajouté le ministère érythréen.

Le TPLF du Premier ministre Meles Zenawi est le principal parti de la coalition actuellement au pouvoir en Ethiopie, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF).

"Il n’y a jamais eu d’incursion de notre part. C’est une tactique de diversion de la part du régime érythréen pour détourner l’attention de ses problèmes intérieurs", a réagi à l’AFP le porte-parole du gouvernement éthiopien Shimelis Kemal.

Un groupe d’opposition érythréen a annoncé mardi à l’AFP qu’il se préparait à "lancer des attaques" contre les troupes gouvernementales, dans la foulée des sanctions imposées la semaine dernière par l’ONU à Asmara.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 23 décembre des sanctions contre l’Erythrée, accusée de soutenir les islamistes en Somalie et de déstabiliser Djibouti.

Poursuite des tensions frontalières

"Les déclarations des rebelles indiquent un mécontentement croissant dans le pays", a estimé M. Kemal.

Une guerre frontalière a opposé l’Erythrée et l’Ethiopie de 1998 à 2000: 80. 000 personnes sont mortes dans ce conflit sanglant, avec tranchées, vastes offensives d’engins blindés et vagues d’assauts de fantassins.

Malgré un accord de paix signé en 2000 à Alger, la tension reste grande entre les deux voisins de la Corne de l’Afrique.

L’Ethiopie affirme reconnaître le tracé de la frontière établi depuis lors par la commission de La Haye, qui a attribué la région contestée de Badme à l’Erythrée.

Mais le gouvernement éthiopien demande des aménagements dans la mise en oeuvre de cette nouvelle démarcation, notamment des consultations auprès des populations locales concernées, avant de retirer ses troupes de Badme.

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