Société

Le Programme alimentaire mondial se retire du sud du pays

| Par AFP
Des Somaliens déchargent des sacs d'aide alimentaire du PAM, le 5 décembre 2007 à Marka Beach, 10

Des Somaliens déchargent des sacs d'aide alimentaire du PAM, le 5 décembre 2007 à Marka Beach, 10 © AFP

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé l’arrêt de ses opérations humanitaires dans le sud de la Somalie, région aux mains des insurgés islamistes, pour des raisons de sécurité. Le retrait de cette agence de l’ONU est dramatique pour des centaines de milliers d’habitants dépendants de l’aide.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a suspendu mardi son action dans le sud de la Somalie en raison du « nombre croissant de menaces et d’attaques contre le personnel humanitaire », a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’organisation à Rome.

« Le PAM a décidé une suspension temporaire de son travail dans le sud de la Somalie en raison du nombre croissant de menaces et d’attaques contre le personnel humanitaire », a indiqué Greg Barrow, précisant toutefois que son organisation continuait à travailler dans le reste du pays, notamment à Mogadiscio.

« On nous demande de l’argent et de ne pas employer de femmes »

Malgré la suspension des opérations dans le sud du pays, qui entraîne la fermeture de ses installations à Wajid, Buale, Garbahare, Afmadow, Jilib et Belet Weyne, le PAM continuera à aider « deux tiers des personnes visées par ses programmes en Somalie, à savoir 1,8 million de personnes », a-t-il ajouté.

« Pour recommencer à travailler, nous avons besoin de pouvoir avoir un accès normal » aux régions où le PAM mène des actions humanitaires, a-t-il précisé.

Une autre porte-parole du PAM, Emilia Casella, basée à Genève, a fait état de « demandes inacceptables » de la part des groupes armés qui sévissent dans le pays: « On nous a demandé de l’argent en échange de notre sécurité et aussi de ne pas employer des femmes ».

Un million de personnes dans une situation « dramatique »

Le retrait du PAM du sud de la Somalie va plonger un million de personnes dans une « situation dramatique », a-t-elle déploré.

« Le PAM est profondément inquiet de l’augmentation de la famine et des souffrances des plus vulnérables en raison des attaques inhumaines sans précédent contre des opérations humanitaires », a déploré dans un communiqué l’organisation, soulignant son rôle « impartial et non politique ».

Le 22 décembre, un officier de sécurité somalien employé par le PAM avait été tué par balle dans une localité du centre-sud de la Somalie.

En outre, en janvier 2009, le PAM avait déjà menacé de suspendre les distributions de nourriture dans certaines zones du pays si les autorités et groupes armés somaliens ne garantissaient pas la sécurité de son personnel. Deux employés du PAM avaient été assassinés en l’espace d’une semaine début janvier.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique en proie à une guerre civile depuis 1991, connaît une situation humanitaire catastrophique en raison des effets conjugués de la sécheresse, de la flambée des prix alimentaires et des violences.

Les quelque 3,2 millions de Somaliens nécessitant une assistance humanitaire représentent plus de 40% de la population du pays.

Le taux de prévalence de malnutrition sévère chez les enfants s’élève à 18,6% en Somalie, bien au-delà du seuil de 15% synonyme de situation critique, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

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