Société

CAN-2010 : les Pharaons sont-ils devenus des Momies ?

Affaiblis par une préparation à la CAN et des éliminatoires de coupe du monde désastreux, l’équipe nationale égyptienne, qui régnait un temps en maître sur le football africain, est aujourd’hui vieillissante.

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Mis à jour le 6 janvier 2010 à 12:15

Le joueur égyptien Ahmed Hassan et le Malien Mahamadou Diarra lors d’un matcha amical à Dubaï le © AFP

Meilleure équipe continentale de la décennie, les Pharaons d’Egypte apparaissent néanmoins veillissants et affaiblis par les défections sur blessures de leurs vedettes Abou Treika et Amr Zaki, lors de la CAN-2010 en Angola (10-31 janvier).

En tête du nombre de participations (22), du nombre de titre (6) et de finales (7), les champions en titre ont pourtant l’occasion de réaliser un inédit triplé après leurs victoires en 2006 à domicile et en 2008 au Ghana.

Pourtant, encore une fois, la sélection de Shehata, en poste depuis 2004, ne part pas avec les faveurs des pronostics.

Nigeria en ouverture

Mais cette fois, elle risque de ne pas surprendre ses adversaires, à commencer par un Nigeria en ouverture qui pourrait se montrer indigeste, avant le Mozambique et le Bénin.

Avec une ossature "locale" formée des joueurs du Zamalek, d’Ismaïla et d’El Ahli, l’Egypte a bien repris la recette des campagnes continentales précédentes, mais il manque à celle-ci les épices qui relèvent habituellement le plat.

Elle est en effet privée de deux de ses deux meilleurs joueurs, qui d’ordinaire composent sa doublette d’attaque, l’attaquant Amr Zaki et surtout le meneur Abou Treika qui avait inscrit le but du sacre lors de la finale en 2008.

Le premier, 28 ans, ne sera remis de sa blessure à une cuisse qu’à la fin de l’épreuve tandis que le second, 31 ans, n’a pu être rétabli à temps d’une blessure à un pied.

Dommage car, avec 4 et 5 buts, les deux hommes étaient les meilleures gâchettes du Nil en qualifications !

Cadres vieillissants

Dans ces conditions, Zidan, le buteur de Dortmund, paraît un peu seul pour porter à bout de bras son équipe même si le gardien El Hadary, à 37 ans, est toujours l’un des meilleurs spécialistes africains.

Il n’est pourtant pas le seul à accuser un âge certain puisque cinq autres cadres (El Saka, Gomaa, le capitaine Hassan, Moawad et Wahid) ont passé la trentaine. A terme, le climat tropical de l’Angola pourrait bien avoir raison des ambitions égyptiennes. . .

D’autant que l’équipe a perdu gros en novembre en laissant échapper la qualification pour le Mondial-2010 en Afrique du Sud, et que cette désillusion pourrait laisser des traces et avoir une influence sur le moral des Pharaons.

Dans un contexte plus que houleux, les Egyptiens, avant de s’incliner en match de barrages à Khartoum (0-1), avaient en effet reçu les Algériens dans des conditions détestables, provoquant l’ouverture d’une enquête de la Fifa et déclenchant une crise diplomatique entre les deux "pays frères".

Si l’équipe de Shehata devrait logiquement sortir à l’une des deux premières places de la poule C, à Benguela, elle pourrait ensuite bien découvrir une souffrance inédite à partir des quarts.

Surtout que ses deux matches de préparation (1-1 contre le Malawi et 1-0 contre le Mali) ne l’ont probablement pas complètement rassurée.