Politique

Prolongation imprévue du sommet de la Cémac

Le sommet de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), qui devait se tenir samedi 16 janvier, se poursuivra dimanche. Les débats achopperaient sur le dossier de la BEAC, dont un rapport a reconnu les détournements de fonds révélés par Jeune Afrique.

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Mis à jour le 17 janvier 2010 à 13:07

Le président centrafricain François Bozizé a appelé à « restaurer la crédibilité » de la Cémac © AFP

 Les présidents des six pays formant la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) poursuivront dimanche les travaux de leur sommet ouvert samedi, a annoncé dans la soirée le Congolais Denis Sassou Nguesso à la presse.

"Nous n’avons pas encore terminé, les travaux sont suspendus. Ils reprennent demain (dimanche) à 09H00 (locales, 08H00 GMT)", a déclaré le président Sassou Nguesso peu avant 21H30.

La BEAC au centre des débats

Aucune explication n’a été fournie sur la prolongation du sommet qui devait prendre fin samedi soir selon le programme officiel.

"Les débats achoppent sur le dossier BEAC (Banque des Etats de l’Afrique centrale)", institut communautaire d’émission monétaire, a affirmé à l’AFP sans plus de détails un haut cadre de la Cémac, organisation qui regroupe le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

Après la suspension des travaux, Denis Sassou Nguesso, ses homologues Paul Biya (Cameroun), Ali Bongo Ondimba (Gabon), Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale), Idriss Deby Itno (Tchad) ainsi que leur hôte centrafricain François Bozizé, également président en exercice de la Cémac, devaient assister à une manifestation de gala.

A l’ouverture du sommet, M. Bozizé avait appelé à "restaurer la crédibilité" de la Cémac, mise à mal récemment par des scandales financiers.

Fin septembre 2009, le gouverneur de la BEAC Philibert Andzembé a admis que la banque avait perdu 16 milliards de FCFA (25 millions d’euros) dans des investissements hasardeux. Il avait aussi évoqué des détournements de fonds portant sur 16 milliards de FCFA.

Ces malversations révélées par l’hebdomadaire Jeune Afrique ont ensuite été confirmées par un rapport interne d’enquête de la BEAC, publié fin octobre, selon lequel 25 millions d’euros normalement dédiés au fonctionnement de la succursale de la banque à Paris et au règlement de factures de la BEAC avaient été détournés par des employés entre 2004 et 2009.