Politique

Accord de sortie de crise : première divergence entre Konaté et l’opposition

 Jean-Marie Doré et Rabiatou Sérah Diallo, les deux candidats au poste de Premier ministre de la transition, ont refusé de se rendre à Ouagadougou pour être départagés, comme le souhaitait le dirigeant intérimaire de la Guinée, Sékouba Konaté. Ils réclament le retour de ce dernier à Conakry pour le « féliciter ».

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Mis à jour le 17 janvier 2010 à 11:58

Dadis, Compaoré et Konaté après la signature de l’accord de sortie de crise © AFP

 Une première divergence est apparue samedi entre le président de transition de Guinée et les deux candidats de l’opposition au poste de Premier ministre de la transition, portant sur le lieu où se tiendront les discussions entre les deux parties.

Ce premier couac est apparu dès le lendemain de la signature de l’accord de sortie de crise conclu à Ouagadougou et prévoyant un maintien "en convalescence" à l’étranger du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, blessé lors d’une tentative d’assassinat et une présidentielle dans "six mois".
 
"Ils doivent se rendre à Ouagadougou pour consultations"
 
"Les deux personnes proposées au poste de Premier ministre, Jean-Marie Doré et Rabiatou Sérah Diallo, doivent se rendre à Ouagadougou pour consultations", a indiqué samedi à la mi-journée à l’AFP le lieutenant Mohamed Kassé, attaché de presse du président de transition, le général Sékouba Konaté.
 
M. Doré est le porte-parole des Forces vives (opposition, syndicats et société civile), Mme Sérah Diallo est la secrétaire-générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG) et figure de proue de la contestation.
 
"Ils doivent rencontrer le facilitateur (le président burkinabè Blaise Compaoré), le général Konaté, ainsi que le capitaine Moussa Dadis Camara (chef de la junte) dans le cadre de la transition", a-t-il ajouté.
 
Selon lui, si les discussions ont débuté samedi au sein des différentes délégations, la "nomination officielle" du Premier ministre de transition "aura lieu en Guinée".
"C’est une question de jours, c’est imminent. Parmi les deux, on va en nommer un (au poste de Premier ministre) mais le second ne sera pas lésé, il sera placé quelque part", a-t-il ajouté. Selon certaines informations, un poste de Premier ministre adjoint pourrait être créé.
 
Mais après moultes tractations et réunions à Conakry, les deux candidats ont rejeté l’invitation à se rendre à Ouagadougou.
 
"Que le général Konaté revienne"
 
"Les Forces vives ont décidé que nous ne partirions pas à Ouagadougou", a indiqué à l’AFP le porte-parole de cette coalition et candidat au poste de Premier ministre, le dirigeant politique Jean-Marie Doré.
 
"Le Premier ministre chef de gouvernement doit être nommé à Conakry et non à l’étranger. La population attend le retour du général Konaté avec ferveur pour le féliciter" après la signature vendredi dans la capitale burkinabè d’un accord de sortie de crise, a-t-il ajouté.
 
"Nous allons partir pour faire quoi à Ouagadougou ?", s’est interrogée la dirigeante syndicaliste, Rabiatou Sérah Diallo, également candidate.
 
"C’est quoi l’ordre du jour? On ne peut pas transporter tous les petits problèmes à Ouagadougou. Que le général Konaté revienne et qu’on mette en oeuvre les accords. Que le général Konaté, qui est devenu un héros, revienne" en Guinée, a-t-elle demandé.
 
Pendant ce temps, les entretiens se sont poursuivis à Ouagadougou, avec les arrivées de la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et du président de la Commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) Mohamed Ibn Chambas.
 
Le représentant du secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’Ouest, Saïd Djinnit, était également présent.
 
"Je salue pleinement cet accord (de sortie de crise) qui est une bonne chose pour notre sous-région", s’est félicité dès son arrivée Mme Sirleaf.
 
Le texte signé après deux jours de difficiles tractations a été accueilli avec soulagement par la communauté internationale, effrayée par la perspective d’un retour en Guinée du capitaine Camara, mis en cause dans le massacre par les forces de sécurité de plus de 150 opposants le 28 septembre à Conakry.