Société

313 arrestations après les émeutes sanglantes de Jos

La police a arrêté 313 personnes soupçonnées d’avoir participé aux émeutes sanglantes de Jos la semaine dernière, a annoncé lundi à l’AFP un porte-parole de la police de l’Etat du Plateau (centre), dont Jos est la capitale.

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Mis à jour le 26 janvier 2010 à 11:23

Les affrontements ont fait plusieurs centaines de morts

"313 personnes ont été arrêtées", a déclaré le porte-parole Mohammed Lerama, sans toutefois préciser les charges retenues contre les suspects.

Les autorités nigérianes ont allégé le couvre-feu dans le centre du pays où les tueries, qui ont duré quatre jours, ont fait des centaines de morts, a annoncé lundi un porte-parole de l’armée.

"En raison du retour à la normale dans la ville de Jos et dans ses environs le couvre-feu n’est plus imposé qu’entre 18H00 et 06H00 (17H00 GMT et 05H00 GMT)", a déclaré à l’AFP le colonel Galadima Shekari.

Exode

Il a conseillé aux habitants de Jos et des communes voisines d’observer strictement ce couvre-feu.

La décision de diminuer de cinq heures la durée du couvre-feu a été prise dimanche soir lors d’une réunion du conseil de sécurité du gouvernement de l’Etat du Plateau (centre) vu le retour progressif à la normale à Jos et ses alentours, a rapporté Radio Nigeria.

Un couvre-feu de 24 heures avait été décrété mardi dernier, deux jours après le début des affrontements intercommunautaires. Il avait été réduit mercredi dernier à 17H00 – 10H00 locales.

La radio a également confirmé qu’un "grand nombre" d’habitants avaient quitté la ville en dépit du retour au calme.

Bilans contradictoires

Les combats ont éclaté le dimanche 17 décembre quand de jeunes chrétiens ont protesté contre la construction d’une mosquée dans la ville de Jos, capitale de l’Etat du Plateau, à majorité chrétienne. Ils se sont ensuite étendus aux communes voisines.

Des maisons, des églises, des mosquées, des véhicules ont été incendiés au cours de ces quatre jours de combats.

Le bilan des morts indiqué par des responsables médicaux, religieux et des chefs de villages serait de près de 500 personnes tuées.

L’ONG américaine Human Rights Watch (HRW), se basant sur les bilans donnés par des responsables de la communauté musulmane, indique que 364 de ces personnes tuées sont des musulmans.