Culture

Le quotidien d’opposition « le Patriote » suspendu

Le quotidien proche du Rassemblement des républicains d’Alassane Ouattara a été suspendu pour « atteinte à l’éthique sociale », « incitation au tribalisme, à la xénophobie et à la révolte ». Cette décision est qualifiée d' »arbitraire » par le rédacteur en chef du journal.

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Mis à jour le 4 février 2010 à 15:03

Le président Laurent Gbabo, le 13 janvier à Yamoussoukro © AFP

Un quotidien ivoirien d’opposition a été suspendu pour trois jours, après avoir vivement attaqué des proches du président Laurent Gbagbo, a-t-on appris jeudi de source officielle.

Dans un communiqué, le Conseil national de la presse (CNP) a condamné des articles publiés fin janvier par le Patriote, très proche du Rassemblement des républicains (RDR) de l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara, l’un des principaux rivaux de M. Gbagbo pour la prochaine élection présidentielle.

Le journal s’attaquait notamment à des personnalités du Front populaire ivoirien (FPI, parti présidentiel), dont le ministre de l’Intérieur Désiré Tagro, en les présentant comme des "ennemis de la paix".

Le CNP a fustigé une "atteinte à l’éthique sociale, par une incitation au tribalisme, à la xénophobie et à la révolte".

Cette suspension est "arbitraire", a réagi le rédacteur en chef du quotidien Emmanuel Koré, affirmant à l’AFP que d’autres journaux "vilipendent des hommes politiques et n’ont jamais été inquiétés, parce que proches du pouvoir".

Cette sanction survient alors que le climat politique s’est tendu ces dernières semaines en Côte d’Ivoire, sur fond de polémique sur les listes électorales. Le scrutin présidentiel, reporté depuis 2005 et censé clore la crise née du coup d’Etat manqué de 2002, est attendu avant juin par l’ONU.