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Économie

Sociétés d’assistance : l’urgence est leur business

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Mis à jour le 23 octobre 2013 à 09:13

Que font les multinationales lorsque leurs salariés tombent malades dans des pays dont la couverture sanitaire est insuffisante ? Elles recourent à des sociétés spécialisées.

La patiente souffre d’une hémorragie méningée et doit être transférée sans délai dans un service de neurochirurgie. Problème : elle se trouve à Calabar, dans le sud-est du Nigeria. Elle sera finalement transportée dans un avion médicalisé, affrété par Assistance médicale africaine (AMA), jusqu’à Moscou, en Russie. Faute de centres médicaux de pointe près de leurs centres d’activité, les multinationales présentes sur le continent font souvent appel à des sociétés d’assistance pour évacuer leurs cadres, locaux ou expatriés. Direction l’Europe, Dubaï ou des hubs médicaux africains tels que Dakar, Casablanca ou Johannesburg.

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Le Dr Sohel Hage a créé AMA en 2002, presque par nécessité. « À cette époque, les sociétés internationales n’avaient pas de base en Afrique centrale. Elles faisaient venir les avions d’Europe ou d’Afrique du Sud et ils mettaient des heures à arriver », se souvient celui qui fut pendant près de vingt-cinq ans le chef du département anesthésie et réanimation de l’hôpital de la fondation Jeanne-Ebori, à Libreville (Gabon). Il a rapidement été sollicité par les gouvernements de la région, puis par ses concurrents en quête de sous-traitants.

Heures de vol

Si les avions d’AMA – 6 basés à Libreville et 4 à Cotonou (Bénin), tous loués – sillonnent toute l’Afrique, totalisant jusqu’à 180 missions et 1 800 heures de vol annuelles, rares sont en effet les multinationales à faire directement appel à eux. « Les grandes compagnies d’assistance internationales (Inter Mutuelles Assistance, Mutuaide Assistance, Europ Assistance, Axa Assistance, Fidelia, etc.) me confient des malades qui sont à proximité de Libreville », explique le Dr Hage. L’un de ses plus importants clients a ainsi longtemps été International SOS, numéro un mondial de l’assistance, dont l’un des avions stationne depuis 2010 à Lagos.

Direction l’Europe, Dubaï, ou des hubs médicaux du continent.

Contrairement à AMA, ce groupe cofondé par les Français Arnaud Vaissié et Pascal Rey-Herme entretient des rapports privilégiés avec les géants de l’économie mondiale. « Nous travaillons avec 87 des 100 plus grandes multinationales », explique le Dr Philippe Biberson, directeur médical consulting pour l’Europe continentale, le Maghreb et l’Afrique. En plus d’une flotte de 11 avions (sans compter les locations), International SOS dispose d’un centre d’assistance ouvert 24 heures sur 24 en Afrique du Sud, ainsi que de 7 cliniques implantées au Tchad, en Angola et au Nigeria pour répondre aux besoins des compagnies pétrolières.

Depuis 2008, le groupe a en outre noué un partenariat avec le britannique Control Risks afin d’offrir, par exemple, des services d’évacuation d’urgence. Avec un chiffre d’affaires d’environ 1,3 milliard de dollars (984 millions d’euros) et plus de 10 000 salariés, International SOS ne joue pas dans la même cour qu’AMA, mais poursuit le même objectif : préserver la vie de ses clients, où qu’ils se trouvent.