Politique

La junte donne des « garanties » de normalisation

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Mis à jour le 22 février 2010 à 09:08

La mission de la communauté internationale envoyée à Niamey a affirmé avoir reçu « les garanties nécessaires » de la part de la junte, dimanche 21 février. Cette dernière a annoncé des élections sans toutefois en préciser la date. Mamadou Tandja et sept ministres sont encore détenus selon le Mouvement national pour la société de développement. 

La mission internationale qui s’est rendue ce dimanche au Niger, suite au coup d’Etat du jeudi 18 février, représentait l’ONU et les pays africains. Après des rencontres avec les autorités militaires qui se sont emparé du pouvoir, elle a estimé avoir reçu les "garanties necéssaires" quant à une normalisation en cours de la situation.

Elections annoncées

"Avec les membres de la junte nous avons discuté de comment faire pour que le pays retrouve dans les plus brefs délais une vie constitutionnelle normalisée. Ils nous ont donné les garanties nécessaires", a indiqué à l’AFP le président de la Commission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), Mohamed Ibn Chambas.

Répondant aux nombreux appels de la communauté internationale, la junte a annoncé samedi des élections, sans préciser de date.

La délégation internationale a indiqué qu’une nouvelle Constitution serait élaborée, dans le cadre d’un dialogue "avec toutes les forces vives de la nation".

Outre M. Chambas, elle comprenait Saïd Djinnit, représentant du secrétaire général de l’ONU en Afrique de l’Ouest, et Ramtane Lamamra, commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA).

Jeudi, un "Conseil suprême pour la restauration de la démocratie" (CSRD, junte) a déposé le président Mamadou Tandja à l’issue de combats autour du palais présidentiel. Il a ensuite dissous le gouvernement et suspendu la Constitution très controversée adoptée en août 2009.

"Notre intention est d’assainir la situation politique, de réconcilier les Nigériens. Nous comptons organiser les élections, mais avant, il faut assainir la situation", a assuré samedi le colonel Djibrilla Hamidou Hima, l’un des hommes forts du CSRD.

Autre gage de bonne volonté, les putschistes ont annoncé samedi la libération de certains membres du gouvernement qu’ils détenaient, mais pas tous.

Plusieurs ministres toujours retenus

Le colonel Hima a déclaré dimanche à des journalistes que l’ancien Premier ministre, l’ancien ministre de l’Intérieur et l’ancien ministre des Finances étaient toujours retenus "pour leur sécurité".

"M. Tandja est dans un local appartenant à l’intendance de la présidence et est gardé dans de très bonnes conditions", a poursuivi le colonel.

Deux responsables de l’ex-parti au pouvoir, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD), ont affirmé dimanche à l’AFP qu’outre M. Tandja, sept ministres restaient aux mains des militaires.

Selon eux, il s’agit des ministres de l’Intérieur, de l’Equipement, des Finances, des Affaires étrangères, des Transports, de la Défense et de la Justice.

Les ministres et le président déchu avaient été arrêtés lors du coup d’Etat, mené alors que le conseil des ministres, présidé par l’es-président, était en pleine réunion.

La communauté internationale a largement condamné ce coup et appelé à un retour à la démocratie après avoir vivement critiqué ces derniers mois M. Tandja.

Estimant que l’armée avait mis fin à une dérive autocratique, la rue a cependant donné son appui à la junte. Au moins 10. 000 personnes ont ainsi défilé samedi à Niamey, lançant des "Vive l’armée nigérienne!" et "Vive le CSRD!".

Dimanche, de nouvelles manifestations pro-junte de "plusieurs milliers de personnes" ont eu lieu à Zinder, deuxième ville du pays, a rapporté la radio publique Voix du Sahel, et à Dosso (sud) et Tahoua (ouest). Mais aucun trouble significatif n’a été signalé depuis le coup d’Etat.

Le Niger, vaste pays sahélien et important producteur d’uranium, est plongé dans une grave crise politique depuis que M. Tandja, dont le dernier quinquennat s’achevait en décembre, s’était maintenu au pouvoir en faisant adopter une Constitution prolongeant son mandat.