Politique

Le dépôt des candidatures retardé

Le dépôt des dossiers de candidature pour les élections présidentielle et législatives d’avril en Centrafrique, qui était censé débuter vendredi, a été reporté à une date ultérieure, a annoncé la commission électorale dans un communiqué reçu lundi par l’AFP.

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Mis à jour le 15 mars 2010 à 14:52

Le président de Centrafrique François Bozizé, le 14 mars 2008 à Dakar. © AFP

La Commission électorale indépendante (CEI) ne précise pas de nouvelle date, alors que les scrutins ont été fixés au 25 avril par décret présidentiel.

"Le président de la CEI", le pasteur Joseph Binguimalé, "informe la Communauté nationale et internationale que (. . . ) l’ouverture des candidatures aux élections présidentielle et législatives initialement prévue pour le vendredi 12 mars 2010, est reportée à une date ultérieure en attendant l’installation officielle des comités locaux" de la CEI, est-il simplement déclaré dans le communiqué.

Vers un report de l’élection ?

D’après le décret présidentiel convoquant les électeurs aux urnes, la campagne électorale est prévue du 12 au 23 avril. Aucune date n’a été fournie pour un éventuel second tour.

Jean-Jacques Demafouth, président de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie (APRD), une ex-rébellion basée dans le nord-ouest de la Centrafrique, s’est dit peu confiant en la tenue des scrutins en avril.

"La date des élections, elle est irréaliste", a déclaré à l’AFP M. Demafouth, ex-ministre de la Défense.

"Je ne m’écarte pas de la position du Collectif" des forces du changement, a-t-il ajouté, en référence à la coalition regroupant l’opposition, des formations centristes et des ex-rébellions qui avait réclamé le 3 mars une nouvelle date.

Ce collectif avait exigé "le retrait pur et simple du décret" présidentiel, en expliquant que le pays n’était pas pacifié et n’avait pas procédé au recensement électoral.

Samedi, le porte-parole de la CEI, Rigobert Vondo, a affirmé à l’AFP que la commission procédait depuis le début du mois à la confection de la liste électorale "sur la base de l’ancienne liste".

Le même jour, l’ex-Premier ministre (2001-2003) Martin Ziguélé avait aussi considéré "impossible" d’organiser les scrutins en avril et a réclamé une nouvelle date, dans un entretien à la chaîne de télévision panafricaine Africa24.

Samedi encore, le ministre de la Sécurité nationale et de l’Ordre public, Jules Bernard Ouandé a annoncé que le gouvernement a mis au jour et déjoué une tentative de coup d’Etat, qui devait se dérouler du 15 au 20 mars. Il " a pris les dispositions qui s’imposent", a-t-il assuré, sans fournir de détails.

La Centrafrique tente de mener à son terme un processus de paix après avoir été confrontée pendant des années à des rébellions, coups d’Etat et exactions de rebelles, militaires et "coupeurs de routes".