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Nouveau scandale pétrolier en perspective

Après les accusations de corruption portées la semaine dernière contre le gouvernement santoméen par un avocat influent, la Cour des comptes pointe du doigt de nombreuses irrégularités dans la vente d’une société nationale au géant angolais des hydrocarbures Sonangol.

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Mis à jour le 30 mars 2010 à 11:14

Sao Tomé et Principe est touché par un nouveau scandale pétrolier. © AFP

La Cour des comptes de Sao Tomé a affirmé lundi dans un communiqué qu’elle avait détecté des "irrégularités", notamment la non-concordance de chiffres dans l’affaire Sonangol/Enco, qui a vu un avocat influent accuser le gouvernement de corruption la semaine dernière. Dans son communiqué, la Cour détaille la transaction de la vente en 2008 de la société nationale santoméenne Enco (Entreprise nationale des carburants et huiles) au géant pétrolier angolais Sonangol pour 32 millions de dollars.

"10 millions de dollars ont servi pour payer la dette de la compagnie nationale d’électricité envers Enco", note la Cour qui souligne toutefois: "C’est avec surprise que la Cour des comptes a détecté que seuls 21 millions 390.000 dollars figurent dans le budget national" alors que "la valeur définit dans le contrat est de 22 millions de dollars".

Le gouvernement pointé du doigt

La cour affirme qu’elle a demandé plusieurs fois au gouvernement "des informations sur le nom du bureau d’avocat qui a travaillé sur le contrat et la somme payée, mais sans succès jusqu’ici". Les juges affirment que "cette position du gouvernement est considérée comme un refus d’information qui sera traité de la manière appropriée et en temps opportun".

"Nous avons détecté plusieurs irrégularités" dès novembre 2008, affirme également le communiqué de la Cour des Comptes pour qui "la personnalité qui a signé le contrat pour la Sonangol n’avait pas les pouvoirs représentatifs suffisants pour le faire" ou "que des clauses prévoyant l’exemption d’impôts étaient considérées comme nulles".

Le 17 mars, Me Adelino Izidro, un avocat, membre influent du parti du Premier ministre, avait accusé le gouvernement de corruption, affirmant notamment que N’Gunu Tiny, le fils du ministre des Affaires étrangères santoméen Carlos Tiny, avait touché 1,6 million de dollars. Le Premier ministre Rafael Branco a porté plainte, démentant toutes ces allégations : "Nous avons demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour que M. Adelino Izidro puisse prouver au tribunal les accusations qu’il a faites. Je suis absolument convaincu que M. Adelino Izidro ne pourra rien prouver de qu’il a affirmé".