Politique

Antonio Indjai : « la situation est redevenue normale »

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Mis à jour le 7 avril 2010 à 09:39

Le Premier ministre bissau-guinéen et le nouveau chef de l’armée ont affirmé que la situation née du coup de force militaire a été « surmontée ». L’ancien chef d’Etat-major de l’armée, José Zamora Induta, a été écarté le 1er avril, alors que le Premier ministre, Carlos Gomes Junior, était détenu pendant plusieurs heures.

La situation est redevenue "normale à Bissau" et la situation née du coup de force militaire de jeudi a été "surmontée", ont déclaré mardi à la presse à Bissau le Premier ministre bissau-guinéen Carlos Gomes Junior et le général Antonio Indjai, nouvel homme fort de l’armée.

"C’était un incident"

"Comme vous le voyez, la situation est redevenue normale. Les institutions vont retrouver leur fonctionnement normal", a déclaré le général Antonio Indjai, selon une source à la représentation de l’ONU à Bissau qui a rapporté ces propos à l’AFP.

"Je pense que la situation (de crise) a été surmontée. Comme je l’ai dit au début, c’était un incident. Les (Bissau) Guinéens et les responsables politiques doivent savoir comment faire face aux problèmes pour trouver des solutions consensuelles. La réunion que nous avons tenue a été positive", a de son côté dit le Premier ministre bissau-guinéen Carlos Gomes Junior.

Ces déclarations ont été faites à la presse après une rencontre entre les deux hommes mardi à Bissau en présence du chef de l’Etat bissau-guinéen, Malam Bacai Sanha, a indiqué la source onusienne.

"Ils se sont réunis aujourd’hui (mardi) pendant une heure avec le président" bissau-guinéen, a-t-elle précisé.

Le 1er avril, des militaires ont écarté le chef d’Etat-major, le général José Zamora Induta, et son adjoint a pris sa place. Le Premier ministre Carlos Gomes Junior a été détenu pendant plusieurs heures par les mutins, qui l’ont menacé de mort, avant de le libérer.

La nomination du chef d’Eta-major est "la compétence exclusive du président"

Le général Zamora Induta était toujours incarcéré mardi et son sort demeurait incertain.

"C’est une question qui n’a pas été abordée" au cours de la rencontre de mardi, a déclaré, après la rencontre, le Premier ministre bissau-guinéen en réponse à une question de la presse.

De son côté, interrogé sur la nomination éventuelle d’un nouveau chef de l’armée, le général Indjai a répondu: "C’est une question qui est de la compétence exclusive du président de la République qui a le pouvoir de nommer ou de démettre le chef d’Etat-major général des forces armées".

Le coup de force de jeudi a été largement condamné par la communauté internationale.

Une mission internationale formée de représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao, 15 Etats), de l’Onu, de l’Union africaine et de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) avait exprimé dimanche à Bissau "un message de fermeté" aux militaires bissau-guinéens, avait déclaré à l’AFP une source onusienne à Bissau.

La Guinée Bissau est un état très pauvre de l’Afrique de l’Ouest, et une plaque tournante du trafic de cocaïne d’Amérique Latine vers l’Europe. Les forces armées jouent un rôle majeur dans cette nation dont la vie politique est marquée par la violence et l’instabilité.