Société

Après l’enfer de Cabinda, les Éperviers revivent

Quatre mois après l’attaque de son bus survenue juste avant la Coupe d’Afrique des nations en Angola, qui avait fait deux morts, la sélection du Togo a retrouvé le terrain pour un match amical en Corse.

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Mis à jour le 20 mai 2010 à 17:30

Les joueurs togolais avant un match amical à Ajaccio, le 19 mai 2010. © AFP

Sur la pelouse du stade François Coty d’Ajaccio, les Éperviers ont été sèchement battus par le Gabon (3-0) lors du premier match de la Corsica Football Cup, à laquelle participent également une sélection de Corse et une de Bretagne. Mais cette défaite, avec une équipe plutôt expérimentale, est presque anecdotique pour des joueurs revenus de l’enfer de Cabinda, cette enclave angolaise où deux membres de l’encadrement avaient trouvé la mort dans une attaque de rebelles.

"Ce drame est encore dans nos têtes. Le sifflement des balles et les cris seront toujours gravés dans nos mémoires, mais nous devons apprendre à vivre avec, car la vie continue. Nous sommes encore là, mais deux d’entre nous n’ont pas eu cette chance", explique le sélectionneur Hubert Velud.

"L’aspect compétitif de ce tournoi passe quelque peu au second plan, l’essentiel c’est de pouvoir de nouveau vivre en groupe et jouer ensemble au football après tout ce qui s’est passé. C’est déjà un grand bonheur", affirme le capitaine Thomas Dossevi (FC Nantes). "Tout le monde a été très marqué par ce drame, c’est très dur psychologiquement mais nous sommes de nouveau réunis et c’est très important", abonde le défenseur Eric Akoto

Besoin d’Adebayor

Grand absent de ce tournoi, Emmanuel Adebayor a mis un terme à sa carrière internationale à la suite du drame, mais Hubert Velud ne désespère pas de revoir son habituel capitaine: "Il a connu une période difficile, c’est un joueur important pour le groupe, un leader, il est international depuis dix ans, il est usé et il faut lui laisser du temps mais on espère le récupérer".

Les Éperviers auront bien besoin de lui car ils débuteront les qualifications de la prochaine CAN en juillet face au Tchad. "La CAF a levé notre suspension, ce n’est que justice", estime le défenseur Assimiou Touré. "Initialement, ce tournoi était avant tout amical et affectif pour nous, reprend le sélectionneur. C’est devenu une utilité un peu plus technique puisque nous préparons les éliminatoires de la CAN-2012. C’est donc l’occasion de jauger le potentiel du groupe et d’effectuer des essais en vue de cette échéance".