Défense

L’imam Aulaqi appelle à tuer les soldats américains

L'imam américano-yéménite Aulaqi. © AFP

L'imam radical américano-yéménite Anwar al-Aulaqi, recherché par les Etats-Unis, a appelé tous les musulmans enrôlés dans l'armée américaine à suivre l'exemple du commandant Nidal Hassan qui a tué 13 soldats en 2009 à Fort Hood.

Dans une vidéo mise en ligne dimanche 23 mai sur des sites islamistes, l’imam Anwar al-Aulaqi assure de nouveau que Nidal Hassan était un de ses disciples et qualifie son acte "d’héroïque", affirmant que le commandant d’origine palestinienne ne faisait que "défendre son peuple". "J’appelle tous les musulmans qui servent dans l’armée américaine à suivre l’exemple de Nidal Hassan, qui a tué des soldats en route pour l’Afghanistan et l’Irak", affirme l’imam yéménite dans cette vidéo, diffusée par le centre américain de surveillance de sites islamistes (SITE).

La vidéo a été réalisée sous forme d’interview par Al-Malahem Foundation, l’arme de propagande d’Al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa), mais l’imam radical, qui dispose de la nationalité américaine, y laisse entendre qu’il ne fait pas partie du réseau d’Oussama ben Laden tout en appuyant ses positions.

Combattants et non-combattants

Aulaqi a défendu à nouveau le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, qui avait tenté de faire exploser le vol Amsterdam-Detroit du 25 décembre, affirmant que sa tentative d’attentat avait "enregistré un succès important, même s’il n’a pu tuer aucune personne". A la question de savoir s’il était licite de tuer des civils, Aulaqi a répondu: "nos ulémas estiment que les combattants sont ceux qui portent les armes et que les non-combattants sont ceux qui ne participent pas à la guerre. Or le peuple américain tout entier participe à la guerre".

L’imam radical a ajouté que les Etats-Unis "ont tué plus d’un million de femmes et d’enfants musulmans" en Irak, en Palestine et en Afghanistan depuis cinquante ans, et que "si Umar Farouk avait pu tuer des civils dans l’avion, ils n’auraient constitué qu’une goutte dans l’océan". "L’Amérique conduit la croisade mondiale contre l’islam, et les musulmans en général, notamment ceux de la Péninsule arabique, doivent participer au jihad contre elle", a encore dit l’imam.

Eliminer Aulaqui

Aulaqi avait acquis une certaine notoriété pour avoir entretenu une correspondance par courriels avec le commandant Nidal Hassan qui a tiré en novembre 2009 sur des soldats à Fort Hood, faisant 13 morts. Le chef d’Al-Qaïda dans la Péninsule arabique, Nasser Al-Whaychi, avait proclamé son soutien à Aulaqi, dans un enregistrement audio mis en ligne il y a une semaine sur un site islamiste. Un responsable antiterroriste américain avait confirmé le 7 avril que l’administration Obama avait donné son feu vert à l’élimination d’Aulaqi.

Aulaqi, recherché également par les autorités yéménites, a affirmé qu’il n’était pas aux abois: "Je me déplace parmi les membres de ma tribu (l’influent clan des Awaliq) et dans d’autres régions du Yémen, car notre peuple déteste les Américains et m’accueille avec hospitalité", dit-il.

Il a par ailleurs accusé le gouvernement yéménite de se partager les rôles avec les Etats-Unis, menant la lutte contre Al-Qaïda sur le territoire yéménite et permettant aux Américains "d’occuper l’espace aérien et les eaux territoriales" yéménites "afin d’espionner et de bombarder les musulmans". "Mais les Américains ne peuvent pas se permettre une troisième campagne, après l’Irak et l’Afghanistan, car s’ils pénètrent au Yémen, leurs soldats seront tués dans nos montagnes, nos vallées et nos déserts", a-t-il averti.

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