Politique

Bubo Na Tchuto blanchi par la justice militaire

La justice militaire a décidé de classer sans suite le dossier du contre-amiral Bubo Na Tchuto, ex-chef de la marine bissau-guinéenne. Il était suspecté d’une tentative de putsch contre l’ex-président Bernardo « Nino » Vieira, en 2008.

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Mis à jour le 1 juin 2010 à 06:55

José Américo Bubo Na Tchuto ne sera pas poursuivi par la justice militaire bissau-guinéenne. © AFP

L’ex-chef de la Marine bissau-guinéenne, le très controversé José Américo Bubo Na Tchuto, dit Bubo, a remporté lundi une victoire, quand la justice militaire a classé le dossier de la tentative de putsch dont il avait été accusé en 2008, a-t-on appris auprès d’un procureur militaire.

"Faute de preuves et d’éléments nouveaux dans le dossier, le tribunal suprême militaire a décidé de classer provisoirement le dossier de Bubo Na Tchuto concernant la tentative de coup d’Etat contre le président Joao Bernardo Vieira en 2008, dont il était l’auteur présumé", a déclaré à l’AFP le colonel Arsène Baldé.

Lundi, Bubo est sorti, souriant, du tribunal militaire. Il n’a cependant fait aucune déclaration à la presse et s’est vite engouffré dans un gros 4×4, entouré de quatre gardes du corps armés.

Deux semaines auparavant, Bubo avait cependant assuré à l’AFP : "Si le tribunal militaire conclut à mon innocence, je reprendrai mon poste au niveau de la Marine, comme chef d’état-major."

En août 2008, le puissant chef d’état-major des forces armées, Batista Tagmé Na Waie (dit Tagmé) l’avait accusé d’avoir voulu perpétrer un putsch contre le président Joao Bernardo Vieira (dit Nino) et d’être impliqué dans le trafic de drogue.

Bubo avait dû fuir clandestinement son pays pour gagner la Gambie.

La Marine est restée dans ses casernes

Puis, en mars 2009, Tagmé a été tué dans un attentat à la bombe suivi, quelques heures plus tard, de l’assassinat du président "Nino" Vieira par des militaires.

Après avoir passé 18 mois en Gambie, Bubo est rentré à Bissau, fin 2009, trouvant alors refuge dans les locaux de l’ONU. Et, le 1er avril, il est revenu sur le devant de la scène quand son ami, le général Antonio Indjai, a renversé le chef d’état-major des armées, José Zamora Induta.

Concernant les accusations de tentative de putsch de 2008, la commission d’enquête formée par l’état-major des armées a conclu, dans un rapport dont l’AFP s’est procuré une copie : "Aucune confrontation militaire n’a été constatée dans la nuit du 5 août 2008. Les éléments de la Marine, bien qu’armés, ne sont pas sortis de leur base."

Selon l’avocat de Bubo, Me Pedro Infanda, "cet argument a pesé en faveur" de l’ex-chef de la Marine. "Maintenant, nous attendons la décision de l’état-major. Car si mon client est innocent, il doit réintégrer l’armée", a ajouté l’avocat.

Le nom de Bubo a bien souvent été cité dans les enquêtes sur le trafic de cocaïne sud-américaine en transit vers l’Europe, raison pour laquelle les Etats-Unis ont annoncé, en avril, qu’ils gelaient ses avoirs. Mais Bubo défie régulièrement ceux qui le présentent comme un narcotrafiquant, en disant: "s’il y a des preuves, qu’on les présente."