Droits de l’homme

Purge dans la police après la mort de Floribert Chebeya

Le président de VSV, Floribert Chebeya, le 7 avril 2005 à Bruxelles. © AFP

Une dizaine de policiers, en majorité des officiers, ont été arrêtés depuis le début de l'enquête sur le meurtre du militant des droits de l'homme Floribert Chebeya, d'après une source du ministère de l'Intérieur. Parmi eux, le colonel Daniel Mukalay, "exécutant" présumé de l'assassinat, qui aurait mis en cause le patron de la police, le général John Numbi, placé en résidence surveillée.

"Il y a une dizaine (de personnes arrêtées), dans la police, pour la plupart des officiers", a indiqué à l’AFP une source au ministère de l’Intérieur, sous couvert d’anonymat.

Parmi ces officiers figure le colonel Daniel Mukalay, chef des services spéciaux de la police, qui aurait "avoué" avoir participé, comme "exécutant", au meurtre du président de l’ONG la Voix des sans-voix (VSV), avait indiqué dimanche à l’AFP une source proche de la présidence.

Floribert Chebeya, 47 ans, a été retrouvé mort le 2 juin à l’arrière de sa voiture, les mains liées dans le dos, sur une route de la capitale.

Le patron de la police relevé de ses fonctions

Daniel Mukalay aurait également "mis en cause" le patron de la police, le général John Numbi, qui a été suspendu de ses fonctions samedi par le président Joseph Kabila, et placé en résidence surveillée.

M. Chebeya avait disparu le 1er juin au soir, avec son chauffeur qui n’a toujours pas été retrouvé, après avoir été à l’inspection générale de la police, où il devait avoir un rendez-vous, qui n’a pas eu lieu, avec le général Numbi, selon la VSV.

Dans un rapport publié en 2008, l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait accusé le colonel Mukalay d’avoir ordonné et commis lui-même des actes de torture sur des opposants au président Kabila, entre septembre 2006 et mai 2007.

Selon HRW, l’officier dirigeait alors une "commission secrète" d’une quinzaine de membres de services spéciaux et de renseignements, accusés par l’ONG d’avoir arrêté "200 personnes au moins", notamment des partisans présumés de l’opposant Jean-Pierre Bemba, battu par Kabila au second tour de l’élection présidentielle d’octobre 2006.

"Beaucoup ont été soumises à la torture et à des traitements cruels et inhumains. Trois personnes au moins sont mortes des conséquences des exactions subies", écrivait notamment l’ONG dans son rapport.

Manifestations interdites

Lundi matin, une marche à la mémoire de président de la VSV devait être organisée à Bukavu, le chef-lieu de la province du Sud-Kivu (Est), mais le maire a interdit la manifestation en évoquant des raisons de "sécurité", alors que le président Kabila se trouve dans cette ville depuis dimanche.

À Lubumbashi, la capitale du Katanga (Sud-Est), des ONG ont décidé de maintenir l’organisation mardi d’une marche identique, malgré une interdiction du maire, qui a expliqué aux organisateurs avoir reçu des "instructions" de Kinshasa, selon les ONG.

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