Société

Extradition : le docteur Rwamucyo attendra la décision en prison

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Mis à jour le 9 juin 2010 à 16:16

La justice française a ordonné, mercredi, un supplément d’information concernant la demande d’extradition du médecin rwandais Eugène Rwamucyo. Soupçonné d’être impliqué dans le génocide de 1994, l’homme reste donc en détention.

La cour d’appel de Versailles demande aux autorités rwandaises de lui transmettre avant le 20 août des documents, tels que la copie des textes de loi relatifs aux infractions reprochées à M. Rwamucyo et ceux applicables en terme de peine de réclusion à perpétuité en remplacement de la peine de mort.

Une nouvelle audience a été fixée au 8 septembre.

Pas de remise en liberté

Les magistrats ont rejeté la demande de remise en liberté sous contrôle judiciaire de M. Rwamucyo, qui réside en Belgique avec sa femme et ses enfants de nationalité belge, estimant que ses garanties de représentation étaient "insuffisantes".

"Cette décision est pleine d’espoir car le supplément d’information est large et dans un délai relativement bref, c’est un message assez fort à l’adresse du Rwanda," a déclaré Me Philippe Meilhac, l’un des avocats de M. Rwamucyo.

Me Meilhac s’est dit "un peu déçu" du rejet de la remise en liberté, jugeant que son client "paie de manière incidente le contexte politique qui pèse sur le dossier rwandais".

Ancien médecin à Maubeuge (Nord), Eugène Rwamucyo, né en 1959, a été arrêté le 26 mai lors d’une cérémonie d’obsèques à Sannois, en région parisienne, en vertu d’un mandat d’arrêt international.

Il est notamment accusé par Kigali d’avoir participé à des réunions de responsables génocidaires à Butare (sud du Rwanda) en 1994, dont l’une sous l’égide du Premier ministre de l’époque, Jean Kambanda, condamné à la détention à perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Les massacres ont fait, d’avril à juin 1994, plus de 800.000 morts selon l’ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsi.

M. Rwamucyo est par ailleurs visé par une information judiciaire ouverte à Paris le 5 février 2008 pour génocide, crimes contre l’humanité et complicités après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

Présent à l’audience, le président du CPCR, Alain Gauthier a exprimé sa "satisfaction" après la décision de la chambre de l’instruction. M. Gauthier a précisé que "la plainte en France suit son cours et les juges se sont rendus au Rwanda".