Politique

Prix Mo Ibrahim : pas d’ancien dirigeant à la hauteur

Le prix Mo Ibrahim, qui récompense d’anciens dirigeants africains pour leurs pratiques de bonne gouvernance, ne sera pas remis en 2010, comme en 2009, faute de lauréat possible.

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Mis à jour le 14 juin 2010 à 09:53

Le créateur du prix, Mo Ibrahim, le 19 octobre 2009 à Londres. © AFP

Le jury du prix Mo Ibrahim, qui récompense d’anciens dirigeants africains pour leur action, a annoncé dimanche qu’il n’avait pas trouvé de lauréat adéquat, pour la deuxième année consécutive.

Ce prix, fondé en octobre 2006 par Mo Ibrahim, magnat britannique des télécommunications d’origine soudanaise, est décerné à d’anciens chefs d’Etat ou de gouvernement de pays de l’Afrique subsaharienne qui ont été élus démocratiquement, pour récompenser les pratiques de bonne gouvernance.

Aucun nouveau candidat n’émerge

"Les critères pour le lauréat sont ambitieux, et le nombre de candidats chaque année est restreint. Donc il est possible qu’il y ait des années sans prix, quand aucun nouveau candidat n’émerge", a souligné M. Ibrahim, selon un communiqué de sa fondation.

L’an dernier, le jury du prix, présidé par l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, avait annoncé avoir examiné une liste de candidats possibles mais n’avoir pas pu s’accorder sur un lauréat. Cette année, aucun nouveau candidat n’a émergé, ont précisé les organisateurs.

Le prix peut être accordé à un ancien chef d’Etat ou de gouvernement de pays de l’Afrique subsaharienne qui a quitté ses fonctions au cours des trois dernières années, en récompense de son action dans l’intérêt du public ou de son action caritative.

Mo Ibrahim a souligné que malgré la pénurie de candidats adéquats pour le prix, d’une valeur de cinq millions de dollars sur 10 ans et de 200.000 dollars versés à vie les années suivantes, sa fondation continuerait à travailler à la promotion de la bonne gouvernance en Afrique.

Gouvernance en progrès

"De nombreux pays d’Afrique font de grands progrès, pas seulement dans le domaine économique, mais aussi en termes de gouvernance", a-t-il noté, relevant que l’index de gouvernance de la fondation, basé sur 80 critères, était en progression.

En octobre 2007, Joaquim Chissano, ancien président du Mozambique, était devenu le premier lauréat. Et en 2008, l’ancien président du Botswana, Festus Mogae, avait reçu le prix. L’ancien président sud-africain Nelson Mandela, icône de la lutte contre l’apartheid, avait également été fait lauréat honoraire du prix en 2007.