Elections

Le parti de Meles Zenawi plébiscité à 99,6 %

Le Premier ministre ethiopien Meles Zenawi, le 26 mai 2010 à Addis Abeba. © AFP

Le parti du Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a remporté les élections législatives avec un score de...99,6 des voix. L'opposition, qui n'a obtenu qu'un seul siège au Parlement, dénonce les résultats de ce scrutin, et les observateurs internationaux estiment qu'il n'a pas été régulier.

Le Bureau national éthiopien des élections (NEBE) a publié lundi les résultats définitifs des élections législatives du 23 mai et confirmé l’écrasante victoire à 99,6% du parti du Premier ministre Meles Zenawi et de ses alliés. Le président du NEBE, Merga Bekana a annoncé lors d’une conférence de presse que le Front révolutionnaire et démocratique des peuples éthiopiens (EPRDF, au pouvoir depuis 1991) avait remporté 499 sièges sur 547 au parlement, l’opposition n’obtenant qu’un seul siège. Un autre siège a été remporté par un candidat indépendant tandis que les partis alliés à la coalition gouvernementale se sont partagé les sièges restant.

"Les élections ont été crédibles, transparentes, justes, libres et démocratiques", a estimé M. Merga, soulignant qu’elles "ont été marquées par un très haut taux de participation (…) de 93,4%".

Scores sans appel

Les électeurs éthiopiens avaient également voté pour désigner leurs conseillers régionaux: l’EPRDF et ses alliés ont gagné 1 903 des 1 904 sièges, selon le NEBE. Le parti d’Hailu Shawl, All Ethiopian unity party, qui ne fait pas partie de la principale coalition de l’opposition, le Forum pour la démocratie et le dialogue (Medrek), a remporté un siège dans la province de Benishangul Gumuz (ouest). Le Premier ministre Meles Zenawi a gagné dans son fief d’Adoua (nord) en remportant 43.025 votes, alors que 266 voix seulement ont été à ses opposants. De même, son épouse Azeb Mesfin a conservé son siège avec 62.417 voix contre 1.632 pour l’opposition.

Dans la province du Tigré, le Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), l’ancienne rébellion dirigée par M. Meles qui a renversé le dictateur Mengistu Hailé Mariam en 1991, a remporté les 157 sièges du conseil local. Dans la province Oromo, considérée comme un fief de l’opposition, l’EPRDF a également remporté la totalité des 537 sièges.

Intimidation

Le Medrek (huit partis d’opposition) a dénoncé les résultats du scrutin dès la proclamation des chiffres provisoires par le NEBE le 24 mai et annoncé samedi son intention de faire appel du rejet par la Cour suprême de sa contestation des résultats. L’opposition a dénoncé de nombreuses intimidations de ses militants par l’EPRDF et des bourrages d’urnes dans certains bureaux de vote. Le Medrek, qui demande de nouvelles élections, estime notamment que le NEBE n’a pas enquêté dans un premier temps sur ses plaintes pour fraudes et irrégularités et que la cour suprême s’est ensuite contentée de se fonder sur les conclusions erronées du NEBE.

Le président du NEBE a affirmé lundi que "des décisions ont été rendues sur toutes les plaintes présentées par les partis politiques, conformément à la loi". La mission européenne d’observation du scrutin ainsi que les Etats-Unis ont jugé que le processus électoral n’avait pas respecté les normes internationales requises.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte