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Le FMI et la Banque mondiale allègent la dette de 4,6 milliards de dollars

Le Liberia a obtenu mardi un allègement de dette de 4,6 milliards de dollars au titre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés, ont indiqué le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, qui pilotent ce programme.  

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Mis à jour le 30 juin 2010 à 12:03

© D.R.

Le FMI et la Banque mondiale sont convenus que le Liberia avait « pris les mesures nécessaires » pour pouvoir bénéficier d’une remise de dette, étape ultime du processus de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), écrivent les deux organisations dans un communiqué publié à Washington. Le montant de 4,6 milliards de remise correspond au total des renoncements de créances rendus possibles par « les efforts exceptionnels des membres de la communauté internationale » pour aider le Liberia, ajoute le communiqué.

Outre le FMI et la Banque mondiale, diverses organisations internationales, comme la Banque africaine de développement, ainsi que des Etats ou des prêteurs privés sont associés à cet allègement de dette. Selon un document du FMI remontant à 2008, les deux principaux Etats créanciers du Liberia sont les Etats-Unis et l’Allemagne, et ils sont associés à l’effacement de créances annoncé.

« Généreux »

Le département du Trésor américain a publié un communiqué indiquant que les Etats-Unis comptaient effacer encore 100 millions de dollars que leur doit le Liberia à l’issue d’une réunion du Club de Paris prévue pour septembre.

Le texte appelle les autres membres de ce groupe de créanciers publics à se montrer « aussi généreux » que les Etats-Unis et précise que ce nouvel effort porterait à 400 millions de dollars le total des remises de dettes consenties par les Etats-Unis.

Dette à hauteur de 17% du PIB

L’organisation non-gouvernementale Oxfam a jugé que la remise de dette annoncée par le FMI et la Banque mondiale marquait « une étape dans la bonne direction, dans la mesure où cela va libérer des marges budgétaires pour des dépenses consacrées aux services sociaux, qui en ont un besoin urgent ». Mais face à la « crise de santé publique » qui menace le pays, « une simple remise de dette ne sera pas suffisante », a ajouté l’organisation. Selon elle, l’Etat va devoir dépenser 143,5 millions de dollars sur trois ans afin de fournir aux trois habitants sur quatre qui n’y ont pas accès une eau pure et des services d’assainissement. Ravagé par des années de guerre civile et d’instabilité, le Liberia est l’un des pays les plus pauvres de la planète.

La remise de dette dont il bénéficie n’éteint pas toutes ses obligations vis-à-vis de ses créanciers. Le Fonds estime qu’une fois réalisées toutes les annulations approuvées mardi, la capital restant dû par Monrovia au titre de la dette extérieure publique sera d’environ 150 millions de dollars, a indiqué un responsable du FMI. Cela correspond a environ 17% du PIB du pays en 2009.