Droits de l’homme

Joseph Kabila appelle à une « révolution morale »

| Par AFP
Le président de la RDC, Joseph Kabila, le 30 juin 2010 à Kinshasa.

Le président de la RDC, Joseph Kabila, le 30 juin 2010 à Kinshasa. © AFP

Devant une quinzaine de chefs d’État africains, le président congolais a engagé la population à faire une « révolution morale ». Une manière de redorer l’image du pays, entachée par plusieurs affaires d’atteinte aux droits de l’homme.  

Le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila a appelé mercredi 30 juin les Congolais à engager une « révolution morale » et à réprimer « l’atteinte à la vie et à la dignité humaine », à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’ex-Congo belge.

Dans un discours prononcé à Kinshasa devant une quinzaine de chefs d’État africains, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et le roi des Belges Albert II, M. Kabila, 39 ans, a invité ses compatriotes à « engager de manière résolue une révolution morale », cinquante ans après l’accession de leur pays à l’indépendance, le 30 juin 1960. Il les a appelés à « punir sans complaisance l’atteinte à la vie et à la dignité humaine, le viol, le tribalisme, le régionalisme, le favoritisme, l’irresponsabilité, le vol, le détournement des deniers publics ainsi que tout autre forme d’anti-valeur », des maux régulièrement dénoncés dans des rapports d’ONG mais aussi de l’ONU.

Enquête dans l’affaire Chebeya

Cette déclaration forte du président Kabila intervient quatre jours après l’inhumation du militant congolais des droits de l’homme Floribert Chebeya, retrouvé mort le 2 juin à Kinshasa, alors qu’il s’était rendu, à un rendez-vous qui n’a pas eu lieu, à l’inspection générale de la police.

Mardi, le Premier ministre démissionnaire belge Yves Leterme, venu en RDC avec le roi Albert II et la reine Paola, a souhaité « que la clarté soit faite et que des sanctions soient prises » dans le cadre de l’affaire Chebeya, après avoir signé le cahier des condoléances à l’ambassade de Belgique.

La mort de M. Chebeya avait suscité de vives réactions et émotions de plusieurs pays et d’ONG internationales, qui ont tous réclamé une enquête internationale. Une dizaine de policiers ont été arrêtés depuis et le chef de la police a été suspendu.

Hypocrite

Fin avril, l’envoyée spéciale de l’ONU pour les violences faites aux femmes et aux enfants dans les conflits, Margot Wallström, avait qualifié la RD Congo de « capitale mondiale du viol » et pressé le Conseil de sécurité d’agir pour mettre un terme à ces violences, commises surout dans l’Est, une région instable où des groupes armés sont toujours actifs.

Mercredi, Amnesty International a jugé « hypocrite » de la part des autorités de célébrer le cinquantenaire alors que la situation des droits humains est « révoltante » en RDC.

Nouveau départ

M. Kabila a par ailleurs estimé que « le cinquantenaire n’est pas un anniversaire ordinaire, c’est un moment particulier d’évaluation en vue d’un nouveau départ », énumérant comme acquis entre autres « la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale, le rétablissement de la paix à l’intérieur du pays et avec nos voisins ».

Un grand défilé militaire et civil a suivi son discours, auquel ont pris part 15 000 militaires et policiers congolais, 400 chars et véhicules, ainsi que 455 Casques bleus des Nations unies et plusieurs entreprises chinoises chargées de la réalisation "des Cinq chantiers", dont celui les infrastructures, lancés par le président Kabila. Parmi les chefs d’État africains présents figuraient le Rwandais Paul Kagamé, réconcilié depuis 2009 avec son homologue congolais, l’Ougandais Yoweri Museveni, le Centrafricain François Bozizé, le Congolais Denis Sassou Nguesso. Robert Mugabe (Zimbabwe), Idriss Deby Itno (Tchad), Paul Biya (Cameroun), Ali Bongo Ondimba (Gabon), étaient également présents.
 

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