Politique

Le pasteur Ntumi perd son pari

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Mis à jour le 20 juillet 2010 à 15:32

L’ex-chef rebelle congolais, Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, devenu opposant non armé, a perdu l’élection législative partielle organisée à Mindouli, dans son ancien fief du Pool (sud), selon les résultats publiés mardi par le ministère de l’Intérieur.

La députée sortante Adélaïde Mougany, également ministre des Petites et moyennes entreprises, a obtenu dimanche 69,36% des voix contre 30,64% pour Pasteur Ntumi, a déclaré le ministre de l’Intérieur Zéphirin Mboulou qui s’est félicité de la tenue de l’élection "dans un climat apaisé".

L’élection partielle était organisée à la suite du décès en octobre 2009 du suppléant de Mme Mougany, Auguste Passi Mouba. Selon la loi, un ministre peut être élu député mais il ne peut pas siéger, et doit céder son fauteuil au parlement à son suppléant.

En 2007 lors des législatives au plan national, M. Ntumi, qui était alors toujours dans le maquis, avait déjà échoué à se faire élire, cette fois, dans la circonscription de Vindza, également dans le Pool.

Un des centres névralgiques de la guerre du Pool, qui a opposé entre 1998 et 2003 les combattants ninjas du Pasteur Ntumi et l’armée régulière, la cité de Mindouli est située sur la ligne du chemin de fer reliant Brazzaville et Pointe-Noire (sud), la capitale économique du Congo.

M. Ntumi s’était présenté sous le label du Conseil national de résistance (CNR, parti issu de l’ancienne rébellion, crée en 2007) et Mme Mougany pour le compte du Rassemblement de la majorité présidentielle (RMP), dont le Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) est chef de file.

Pasteur Ntumi a pris en décembre 2009 ses fonctions de Délégué général chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre, après 12 ans passés dans le maquis.

Il avait signé en 2003 un accord de paix avec Brazzaville, et a transformé en 2007 son mouvement en parti politique.