Justice

Rapt de trois Espagnols : douze ans de prison pour Omar le Sahraoui

Une des otages espagnols enlevés en Mauritanie, de retour à Barcelone, le 10 mars 2010.

Une des otages espagnols enlevés en Mauritanie, de retour à Barcelone, le 10 mars 2010. © AFP

Considéré comme le principal responsable de l’enlèvement de trois Espagnols en Mauritanie, Omar Sid’Ahmed Ould Hamma a été condamné à douze ans de prison. Certains de ses complices présumés ont été acquittés quand d’autres suspects, en fuite, seront jugés par contumace.

L’accusé principal du rapt de trois Espagnols en 2009 en Mauritanie, a été condamné mercredi 21 juillet à Nouakchott à 12 ans de prison, après un coup de théâtre, le procureur étant revenu sur sa demande initiale de condamnation à perpétuité. Sa peine a été assortie des travaux forcés et de la confiscation de tous ses biens.

Omar Sid’Ahmed Ould Hamma, dit "Omar le Sahraoui", un Malien de 52 ans, était accusé d’avoir agi comme "mercenaire" pour le compte d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui l’a payé pour enlever les Espagnols sur la route reliant Nouakchott à Nouadhibou (nord), le 29 novembre 2009. Deux d’entre eux restent otages d’Aqmi dans le nord du Mali.

Un berger Mauritanien de 75 ans, Boukhari Ould Issaoui, qui était apparu très faible à l’audience, affirmant avoir été torturé, a été condamné à un an de prison avec sursis, au deuxième jour du procès qui avait débuté mardi devant la cour criminelle de Nouakchott.  Quatre autres accusés, dont deux étaient poursuivis pour "avoir apporté leur soutien et aide à des auteurs d’actes terroristes", ont été acquittés. Cinq personnes, parmi lesquelles l’un des émirs d’Aqmi, l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, alias Belawar, accusé d’avoir commandité les enlèvements, sont en fuite et devaient être jugés par contumace lors du procès de Nouakchott, ce à quoi le tribunal a finalement renoncé.

"N’importe quoi pour de l’argent"

Ce verdict est intervenu peu après la décision du procureur, Mohamed Abdallahi, de revenir sur ses premières réquisitions de mardi: il avait demandé la prison à vie avec travaux forcés contre quatre des accusés, dont "Omar le Sahraoui", pour ensuite ne réclamer que de 5 à 20 ans de prison.

"C’est un retour à la raison", avait indiqué le procureur pour expliquer sa décision, une première dans l’histoire judiciaire de la Mauritanie, en soulignant que "Omar le Sahraoui ne détenait plus physiquement les otages". Ce dernier est fiché au Mali "comme un trafiquant de cigarettes et un passeur de clandestins" a précisé à l’AFP une source sécuritaire malienne basée dans le nord du Mali. "Par trafiquant, il faut aussi comprendre quelqu’un qui est capable de faire n’importe quoi pour avoir de l’argent", a insisté la même source.

Un autre source sécuritaire malienne a affirmé qu’Omar "a été enlevé il y a quelques mois au nord de Tombouctou par des individus en service commandé par la Mauritanie et transféré avec deux ou trois autres en territoire mauritanien pour le compte des services de sécurité" de Nouakchott.

Rançon et échange de prisonniers

Après l’enlèvement des Espagnols – une femme et deux hommes qui étaient en mission pour l’ONG Barcelona Accio Solidaria – "Omar le Sahraoui" et deux complices auraient emprunté sur plusieurs centaines de kilomètres un couloir non contrôlé du Sahara occidental, au nord de la Mauritanie, avant de descendre en territoire malien par l’extrême nord-ouest.

Début mars, la branche maghrébine d’Al-Qaïda a libéré l’un des otages, Alicia Gamez, 39 ans, après trois mois de captivité. Mais les deux hommes, Albert Vilalta, 35 ans, et Roque Pascual, 50 ans sont toujours séquestrés, depuis plus de sept mois, dans le nord du Mali. Les ravisseurs réclament le versement de rançons de plusieurs millions de dollars et la libération d’islamistes emprisonnés, notamment en Mauritanie.

Aqmi, qui opère dans une zone désertique aux confins du Niger, du Mali, de la Mauritanie et de l’Algérie, retient également depuis avril un Français de 78 ans, Michel Germaneau, menacé d’exécution à partir du 26 juillet si plusieurs membres d’Aqmi ne sont pas libérés.

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