Justice

Salou Djibo : « On ne relâchera pas » Mamadou Tandja

Le général Salou Djibo, chef de la junte et principal auteur du coup d'État contre Mamadou Tandja © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

L'ex-président nigérien Mamadou Tandja et son ministre de l'Intérieur Albadé Abouba, détenus depuis le coup d'État du 18 février, ne seront pas "relâchés", a affirmé samedi le chef de la junte, en réponse à l'ancien parti au pouvoir qui a exigé leur "libération immédiate". Le général Salou Djibo a par ailleurs promis de faire "payer" les auteurs de détournements de fonds publics sous le régime Tandja (1999-2010).

« Ceux qui demandent qu’on relâche (MM. Tandja et Abouba), eh bien on ne les relâchera pas ! », a lancé le général Djibo lors d’une rencontre à Niamey avec quelque 200 représentants de partis politiques et de la société civile du Niger.

L’ex-président et son ministre « sont bien traités et on ne les relâchera pas », a-t-il insisté.

Le parti de l’ancien chef de l’État, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD), a exigé vendredi « la libération immédiate et sans conditions » des deux hommes. Il a aussi réclamé la remise en liberté de son chef et ex-Premier ministre Seïni Oumarou, détenu depuis jeudi à la gendarmerie pour de présumés détournements de fonds publics.

"On ne fait pas d’omelettes sans casser d’oeufs"

Dans un courrier adressé le 22 juillet au général Djibo et rendu public par la junte, Mamadou Tandja, né en 1938, a demandé au nouveau régime la « clémence » et s’est démarqué d’une plainte déposée « à son nom » devant la justice ouest-africaine par sa famille. Il a dit souhaiter son maintien dans son lieu actuel de détention, une villa dans l’enceinte de la présidence.

Le chef de la junte avait indiqué récemment, sans plus de précision, qu’« au moment opportun » les Nigériens et « la justice » décideraient du sort de Mamadou Tandja.

Le général Djibo s’est engagé à « terminer » l’« assainissement » promis des affaires publiques : « On ne fait pas d’omelettes sans casser d’oeufs. Si ça nécessite qu’on casse, on va casser. »

La junte a installé en mai une Commission de lutte contre la délinquance économique et financière qui s’active pour récupérer les deniers publics détournés par des proches ou des partisans de Mamadou Tandja.

Cette commission est décriée par le camp Tandja, qui dénonce une « chasse aux sorcières ».

« Celui qui sait qu’il a quelque chose à payer n’a qu’à aller payer, sinon il va en prison », a répliqué le général Djibo. « Ils vont payer. »

À ce jour, la commission a réussi à récupérer « plus de deux milliards FCFA » (3 millions EUR), contre 600 millions FCFA annoncés en début de mois, a-t-il indiqué.

La junte a promis de rendre le pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle prévue le 3 janvier 2011.

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