Justice

Les députés veulent traduire Boni Yayi devant la Haute Cour de justice

| Par AFP
Le président béninois Boni Yayi lors d'une réunion à Tunis le 11 septembre 2009.

Le président béninois Boni Yayi lors d'une réunion à Tunis le 11 septembre 2009. © AFP

Un groupe de 50 députés sur les 83 que compte le parlement béninois ont demandé vendredi la mise en accusation du président Boni Yayi pour « forfaiture et parjure » dans l’affaire des « Madoff béninois ».

Dans une correspondance parvenue samedi à l’AFP et signée de 50 députés issus de l’opposition et d’une dissidence de la mouvance présidentielle adressée au président du parlement, les députés ont demandé que le président béninois soit traduit devant la Haute Cour de justice.

« Nous voudrions inviter la représentation nationale et, à travers elle, la nation béninoise toute entière à un sursaut salutaire compte tenu de la déconfiture morale que vit notre pays », indique la correspondance.

Selon les parlementaires, cette situation est intervenue malgré entre autres, « l’existence d’une réglementation du système bancaire au Bénin et nonobstant l’avertissement de la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) émis depuis le mois d’août 2009 ».

La même source indique que « aujourd’hui bon nombre de Béninois qui ont eu le malheur de croire que le gouvernement exerce son obligation de veille et de contrôle de l’économie nationale, se sont trouvés complètement ruinés ».

Soupçon de confilt d’intérêt

À en croire les députés : « le président Yayi Boni a favorisé les activités de ICC Services, notamment en s’affichant partout dans le pays et de manière ostentatoire avec les responsables et en rendant visite par deux fois au président directeur général de ICC Services à domicile, qui a financé à la présidence de la République les activités politiques des partis et organisations de la mouvance présidentielle », ont-ils affirmé.

« Pour toutes ces raisons, nous demandons au président du parlement béninois, conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur au Bénin, d’engager les poursuites à l’encontre de l’actuel chef de l’État béninois pour forfaiture et parjure. »

En effet, selon la Constitution béninoise, la Haute Cour de Justice après saisine du parlement est la seule juridiction habilitée pour connaître des fautes commises par les ministres et le chef de l’État dans l’exercice de leurs fonctions.

ICC Services (Investment consultancy and computering services), une société béninoise de placement d’argent, promettait aux souscripteurs une rémunération de 150, voire 200 %, par trimestre, avec remboursement du capital au bout d’un an de placement. En réalité, les dépôts des nouveaux souscripteurs servaient à payer les échéances des premiers.

Le 7 juillet, Boni Yayi avait limogé le ministre de l’Intérieur Armand Zinzindohoué et le Procureur général près la Cour d’appel de Cotonou dans le cadre de cette affaire.

Le président lui reprochait d’avoir « offert les services de forces de sécurité sous son autorité et d’avoir signé un permis de port d’arme aux responsables de la société au mépris des précautions élémentaires en la matière », selon une source à la présidence.

M. Yayi a ordonné une enquête et selon une source proche de la commission d’enquête, l’un des cousins du président a été arrêté dans la foulée et est détenu à la maison d’arrêt de Cotonou.

Élu en mars 2006 avec plus de 70% des votes, Boni Yayi, un ancien banquier, avait basé son programme sur la restauration des valeurs républicaines et principalement la lutte contre la corruption qui gangrenait l’administration en place.

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