Politique

L’ancien Premier ministre Seïni Oumarou inculpé mais libre

Dans le cadre de l’assainissement des affaires publiques, ordonné par la commission anti-corruption en place au Niger, Seïni Oumarou, un ex-Premier ministre du président déchu Mamadou Tandja, a été inculpé. Il a néanmoins été remis en liberté.

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Mis à jour le 3 août 2010 à 11:46

Seïni Oumarou, le 18 juin 2008 à Cotonou. © AFP

Seïni Oumarou, ex-Premier ministre du président nigérien déchu Mamadou Tandja, a été inculpé mais remis en liberté lundi 2 août après quatre jours de détention, de même que trois personnes soupçonnées comme lui de détournement de fonds publics, a-t-on appris de source judiciaire. Détenus depuis jeudi à la gendarmerie de Niamey, M. Oumarou, qui fut aussi ministre du Commerce, ainsi qu’un autre ancien titulaire du portefeuille, Sala Habi, et deux hauts fonctionnaires ont été présentés à un juge d’instruction « qui les a inculpés et laissés en liberté », a déclaré l’un de leurs avocats, Me Marc Lebihan.

S’exprimant devant la presse à l’issue de l’audience, l’avocat a refusé de préciser les chefs d’inculpation. « Il y a eu des cautions » versées pour leur libération, a-t-il ajouté, sans en indiquer le montant. Les quatre inculpés ont quitté le Palais de justice sous les vivats d’une centaine de leurs partisans, a-t-on constaté.

"Chasse aux sorcières"

Mise en place en mai par la junte au pouvoir depuis le renversement de M. Tandja en février, la « Commission de lutte contre la délinquance économique et financière » les avait accusés de détournement d’argent public destiné au Fonds de l’énergie créé pour subventionner l’essence et le gaz domestique.

Le Mouvement national pour la société de développement (MNSD, ex-parti au pouvoir) avait dénoncé une « chasse aux sorcières » et exigé la « libération immédiate » de son chef Seïni Oumarou, probable candidat au scrutin présidentiel du 3 janvier 2011.

Le chef de la junte, le général Salou Djibo, s’est engagé samedi à mener jusqu’à son terme « l’assainissement » promis des affaires publiques. « Celui qui sait qu’il a quelque chose à payer n’a qu’à aller payer, sinon il va en prison », a-t-il averti.