Elections

Port-Gentil, un an après les émeutes post-électorales

Voitures calcinéees après les émeutes, le 6 septembre 2009 à Port-Gentil.

Voitures calcinéees après les émeutes, le 6 septembre 2009 à Port-Gentil. © AFP

Près d’un an après les émeutes post-électorales de Port-Gentil (capitale pétrolière, sud du Gabon) qui ont vu des dizaines de magasins et d’édifices pillés et brûlés, les sinistrés attendent toujours d’être dédommagés.

"J’ai tout perdu. Les émeutiers ont pillé et brûlé mes trois magasins. J’aime Port-Gentil et j’entreprends ces travaux sans l’aide du gouvernement", affirme Wora Nahle Chadin Kazem, 35 ans, commerçant gabonais. Il a réhabilité ses magasins sur fonds propres et attend une aide du gouvernement tout en exhibant les photos des ruines de ses boutiques.

Le 3 septembre 2009, des violences avaient éclaté à l’annonce des résultats de l’élection présidentielle du 30 août donnant gagnant Ali Bongo Ondimba, fils du président Omar Bongo, décédé après 41 ans au pouvoir.

Pendant plusieurs heures, la ville portuaire, fief de l’opposant Pierre Mamboundou (2e du scrutin) et déjà théâtre en 1990 de graves émeutes après la mort suspecte d’un autre opposant, avait vécu au rythme des pillages de magasins et incendies de bâtiments. L’armée était intervenue et les autorités avaient imposé un couvre-feu pour rétablir l’ordre. Les troubles avaient fait trois morts d’après le gouvernement, au moins cinq selon l’opposition.

Un vif ressentiment contre les Français accusés d’avoir placé Ali Bongo au pouvoir était alors perceptible. Le consulat de France avait été incendié, des stations-service et bâtiments du groupe pétrolier français Total pris pour cible, sans faire de victimes parmi les quelque 2 000 Français dans la ville.

Pas de prise en charge

Si les stigmates sont encore visibles en ville, dans la zone la plus touchée la plupart des boutiques et magasins ont été réhabilités. Sur les abords de la rue de Grand marché, le commerce a repris.

"Nous félicitons les commerçants qui ont entrepris avec courage les travaux et achalandé les rayons, sinon, les populations allaient vivre une famine", estime Pierre Claver Moussavou Idoungou, fonctionnaire.

Derrière le comptoir de son supermarché réhabilité sur fonds propres, Ngoye Houman Ahmed se lamente : "Ma maison d’assurance a rejeté la prise en garantie du sinistre au motif (…) qu’elle ne prend pas en compte les pertes et dommages résultant des mouvements à caractère politique", souligne-t-il. "Nous avons porté plainte contre X", comme l’ont demandé les autorités, précise-t-il.

"L’État paiera"

Un conseiller du ministère de l’Intérieur affirme qu’une commission interministérielle suit les dossiers. "Le président Ali Bongo Ondimba a dit que l’Etat paiera au titre de la solidarité. Et l’Etat paiera, mais il ne paiera pas seul".

"Les dossiers sont aux mains de la justice. Il y a des responsabilités à établir", a poursuivi ce conseiller.

Certains montants de pertes sont jugés trop importants et sujets à caution, selon plusieurs sources proches du dossier.

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