Politique

Première entrave israélienne aux négociations

Alors que Mahmoud Abbas a menacé de se retirer des négociations israélo-palestiniennes en cas de rupture du gel de la colonisation, Israël a réitéré vendredi sa volonté de reprendre les constructions en Cisjordanie dès le 1er octobre, en dépit des pressions internationales.

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Mis à jour le 17 septembre 2010 à 15:15

Jérusalem-ouest : colonie israélienne de Modi-In llit, le 14 septembre. © AFP

Israël n’envisage pas de prolonger le moratoire sur la construction dans les colonies en Cisjordanie qui s’achève fin septembre, a indiqué un haut responsable israélien.

« Le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) n’a pas changé de position sur cette question : il n’y a aucune décision de prolonger le moratoire »,au-delà de la date prévue, a déclaré à l’AFP ce responsable, qui a requis l’anonymat.

Selon le quotidien gratuit Israël-Hayom, proche du chef du gouvernement, Netanyahu a consulté cette semaine le « forum des sept » principaux ministres, qui a décidé de ne pas prolonger le gel partiel de la colonisation, et en a informé la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton.

Le ministre de la Défense Ehud Barak, qui proposait d’attendre un accord avec les Palestiniens sur le tracé des frontières, a été mis en minorité, selon le journal.

Même sans prolongation officielle du moratoire, le gouvernement pourrait continuer à freiner de nouvelles constructions, la Cisjordanie occupée relevant de l’armée et donc du ministère de la Défense qui donne en dernier ressort son feu vert aux mises en chantier.

Netanyahu a évoqué le 12 septembre un moyen terme. « Israël ne poursuivra pas le gel, mais ne construira pas non plus les dizaines de milliers de logements planifiés », a-t-il déclaré.

"Atmosphère propice à des discussions"

Hillary Clinton a indiqué jeudi « espérer » une prolongation du moratoire, à laquelle a publiquement appelé le 10 septembre le président américain Barack Obama.

L’administration américaine « travaille dur à faire en sorte que demeure une atmosphère propice à des discussions constructives », a-t-elle ajouté, après avoir participé à deux jours de négociations israélo-palestiniennes sans avoir réglé le différend sur la colonisation.

Un haut responsable palestinien a affirmé que lors de ces discussions, les responsables américains avaient proposé une prolongation de trois mois du moratoire, le temps que les deux parties s’entendent sur les frontières, en vue de « cesser la colonisation sur le territoire du futur État palestinien ».

« La partie palestinienne veut se concentrer sur la question des frontières afin de résoudre celle de la colonisation », a dit le responsable palestinien sous le couvert de l’anonymat.

Israël escompte conserver aux termes d’un accord de paix les blocs d’implantations où vivent plus de 200 000 colons hors Jérusalem-Est, de sorte que la construction n’y concernerait plus les Palestiniens.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a prévenu à plusieurs reprises qu’il se retirerait des négociations en cas de relance de la colonisation.

Les Palestiniens, soutenus par la communauté internationale, considèrent que la poursuite de la construction dans les colonies crée des faits accomplis qui vident de leur sens les pourparlers.

Le président égyptien Hosni Moubarak a lui aussi suggéré d’« arrêter la colonisation durant trois ou quatre mois », dans le but « de parvenir à un accord de paix dans trois ou six mois », dans un entretien pour la télévision israélienne qui doit être diffusé samedi.

L’Union européenne a également appelé jeudi à « une extension du moratoire décidé par Israël », réitérant leur demande d’un « arrêt complet de toute violence ».

Sur le terrain, un responsable local de la branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas a été tué vendredi matin dans le nord de la Cisjordanie par des soldats israéliens qui menaient une série d’arrestations.