Politique

Le bilan des viols au Nord-Kivu revu à la hausse

Un rapport préliminaire des Nations unies sur les violences au RD Congo fait état d’au moins 303 viols commis dans 13 villages du territoire de Walikale au Nord-Kivu en 4 jours.

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Mis à jour le 24 septembre 2010 à 16:18

Le rapport préliminaire du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), publié vendredi 24 septembre, est formel. Les violences en RD Congo qui ont eu lieu du 30 juillet au 2 août 2010 dans 13 villages du territoire de Walikale (Nord-Kivu) ont fait au moins 303 victimes civiles de viols, « parmi lesquels 235 femmes, 13 hommes et 52 filles et 3 garçons ».

Le bilan provisoire est donc plus élevé que celui qui avait été initialement établi, lequel faisait part d’« au moins 154 civils victimes de viols et de violences sexuelles ». Mais les chiffres du rapport préliminaire « pourraient être revus à la hausse », prévient le rapport, qui souligne également que des violences ont été commises dans d’autres provinces.

Le 7 septembre, le sous-secrétaire général de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Atul Khare avait indiqué que quelque 260 viols supplémentaires de femmes et d’enfants parfois âgés de 7 ans avaient été perpétrés en août dans d’autres villages du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, portant à plus de 500 le nombre de viols commis en RD Congo en près d’un mois.

Manquements de la Monusco

Atul Khare avait en outre critiqué la mission de l’ONU en RD Congo, la Monusco,  pour son incapacité à empêcher ces violences. Des accusations reprises dans le rapport provisoire. « L’échec à prévenir ou mettre un terme aux attaques a été aggravé par des manquements importants de la part de la Monusco qui n’aurait pas reçu d’entraînement spécifique à la protection des civils », relève le communiqué de l’ONU.

Selon le rapport, les responsables de ces « viols en série effrayants » sont des rebelles hutus rwandais des Forces démocratique de libération du Rwanda (FDLR), et des milices locales Maï-Maï, mais aussi des « éléments du colonel [congolais, NDLR] Emmanuel Nsengiyumva », qui a rejoint la rébellion début 2010. L’ensemble de ces éléments qui ont « systématiquement attaqué les populations civiles » des 13 villages regroupait « au moins 200 combattants ».

Le rapport décrit également la façon dont les assaillants « armés d’AK47 (Kalachnikov), de grenades et de machettes » ont neutralisé les « moyens de communication » pour bloquer « la propagation d’informations sur les attaques ». Un élément à porter au crédit de la Monusco, qui n’aurait pas été prévenue à temps des attaques.