Politique

Condé veut mettre en place une « conférence vérité-réconciliation »

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Mis à jour le 5 décembre 2010 à 19:52

Le nouveau président guinéen, Alpha Condé, a souhaité la mise en place d’une « conférence vérité-réconciliation afin que les Guinéens se disent les vérités » sur les crimes commis tout au long de l’histoire de la Guinée indépendante.

Dans une déclaration samedi soir, retransmise dimanche par les médias publics, M. Condé dit avoir insisté pendant sa campagne "sur la notion de pardon, parce que nous savons que notre pays a subi beaucoup d’épreuves" depuis l’année de son indépendance en 1958.

"Il y a eu beaucoup de rancoeurs et le pays ne peut pas se développer sur des rancoeurs", a-t-il dit à l’issue d’une rencontre avec les dirigeants du Conseil national de transition (CNT), ajoutant: "J’espère qu’avec l’aide des religieux, nous allons organiser une conférence vérité-réconciliation afin que les Guinéens se disent les vérités".

"Mettre fin à l’impunité"

"Il ne s’agit pas de faire des règlements de comptes, mais qu’on échange seulement, qu’on se dise des vérités et qu’on assume notre histoire", a ajouté M. Condé qui a souhaité également lutter contre "l’impunité".

"Il est nécessaire, sans qu’on fasse de chasse aux sorcières, qu’on mette quand même fin à l’impunité pour que ceux qui viennent ne recommencent pas la même chose", a-t-il affirmé.

La Cour suprême a confirmé vendredi la victoire à la présidentielle d’Alpha Condé, opposant historique de 72 ans, face à Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre.

N’ayant jamais participé à aucun pouvoir en place, M. Condé a lui-même été victime de la répression du régime dictatorial d’Ahmed Sékou Touré (1958-1984) et des régimes militaires qui ont suivi depuis lors.

Il a été condamné à mort par contumace par Sékou Touré et à la prison sous le régime de Lansana Conté en 2000.

Le 28 septembre 2008, la junte au pouvoir à Conakry, dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara, massacrait 157 civils réunis dans un stade de la capitale.

Hors du pays à ce moment-là, Alpha Condé avait alors fustigé le "pouvoir criminel" et dénoncé la responsabilité du chef de la junte.

Ecarté du pouvoir peu après ce massacre, Moussa Dadis Camara vit depuis en exil à Ouagadougou.

Alpha Condé a souvent affirmé que son modèle était Nelson Mandela, héros de la lutte anti-apartheid et premier président noir d’Afrique du Sud, privé de liberté pendant 27 ans, qui a créé la Commission réconciliation et vérité (TRC), pour aider à tourner la page des crimes de l’apartheid.