Société

Le Premier ministre soupçonné d’avoir couvert un vaste trafic d’organes

Le Conseil de l’Europe a mis en cause le Premier minsitre kosovar Hashim Thaçi dans une affaire de trafic d’organes mené sur des prisonniers serbes. Il en aurait été l’un des acteurs clés en protégeant les responsables.

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Mis à jour le 15 décembre 2010 à 11:42

Des responsables de l’ancienne guerilla de l’UCK se sont livrés à un trafic d’organes prélevés sur des prisonniers serbes en 1999 et 2000, affirme un rapport du Conseil de l’Europe. L’actuel premier ministre kosovar Hashim Thaçi serait impliqué dans ce trafic. Pristina a dénoncé un document « diffamatoire ».

Le rapport a été rédigé par le conseiller aux États Dick Marty (PLR/TI) pour le compte de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) et reprend les accusations portées en 2008 par l’ex-procureure du Tribunal pénal (TPI) pour l’ex-Yougoslavie Carla del Ponte. Il met directement en cause M. Thaçi, sinon dans l’organisation directe du trafic, du moins comme le protecteur des réseaux criminels qui s’en rendent coupables.

« De nombreux indices semblent confirmer que, dans la période immédiatement après la fin du conflit armé, avant que les forces internationales puissent vraiment prendre le contrôle de la région et rétablir un semblant d’ordre et de légalité, des organes auraient été prélevés sur des prisonniers dans une clinique en territoire albanais, près de Fushë-Krujë », dit le rapport.

Le "groupe de Drenica" mis en cause

Ces organes auraient été ensuite transportés à l’étranger « à des fins de transplantation ». « Cette activité criminelle s’est développée grâce à l’initiative de certains chefs des milices de l’UCK (l’Armée de libération du Kosovo, l’ex-guerilla active dans les années 90) liés au crime organisé » et elle « s’est poursuivie, bien que sous d’autres formes, jusqu’à nos jours », dit M. Marty.

Le sénateur tessinois accuse « un noyau restreint mais incroyablement puissant de personnalités de l’UCK », dit « groupe de Drenica », d’avoir pris le contrôle des activités criminelles au Kosovo et en Albanie. Le « parrain » de ce groupe ne serait autre que Hashim Thaçi, dont le Parti démocratique du Kosovo (PDK) est sorti vainqueur des élections législatives de dimanche dernier.