Politique

Les manifestations de dimanche à la une de la presse marocaine

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Mis à jour le 19 février 2011 à 19:24

La presse marocaine consacrait samedi une large couverture aux manifestations prévues dimanche dans plusieurs villes du royaume, à la suite d’un appel lancé récemment sur Facebook par des jeunes mais qui n’est pas relayé par la plupart des partis et syndicats.

Samedi, l’un des fondateurs de l’Appel du 20 février, Rachid Antid, a décidé de se retirer de cette manifestation "à cause de l’entrée en jeu de certains mouvements avec lesquels ne ne sommes pas d’accord sur le plan idéologique, comme le mouvement islamiste Justice et bienfaisance et certains groupes de l’extrême gauche", a-t-il déclaré à l’AFP.

"Il ne faut pas avoir peur de la jeunesse du dimanche 20 février. Leur souhait est de voir le drapeau de la liberté et de la dignité flotter sur leurs toits", écrit l’éditorialiste du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum.

De jeunes Marocains ont lancé récemment sur Facebook un mouvement, soutenu par quelques milliers de sympathisants, en faveur de manifestations pacifiques, le 20 février, pour une "large réforme politique".

Des ONG comme l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et le Forum vérité et justice (FVJ), ainsi que des journalistes "indépendants" ont adhéré jeudi à ce mouvement et appelé à "l’adoption d’une constitution démocratique".

"Ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte nous place aujourd’hui à la croisée des chemins: ou on amorce des réformes urgentes conformément aux normes démocratiques universelles ou on rentre dans une aventure dangereuse", affirme le quotidien Al Massae (près de 100.000 exemplaires vendus chaque jour).

La classe politique divisée

Les partis politiques marocains ont adopté des positions variables concernant l’appel aux manifestations du 20 février.

La jeunesse du mouvement islamiste Justice et bienfaisance a appelé jeudi à manifester "pacifiquement" le 20 février. Ce mouvement, interdit mais toléré, est considéré par les spécialistes de l’islamisme comme "l’un des plus importants du Maroc".

Certains partis, comme l’Istiqlal (le parti du Premier ministre Abbas El Fassi) et le parti islamiste Justice et développement (PJD, opposition représentée au Parlement) se sont ouvertement prononcés contre l’appel à manifester.

"Les grands partis et les centrales syndicales qui ont du poids sont contre la marche du 20 février. Seules de petites formations y sont favorables", indique Al-Alam, le journal du parti de l’Istiqlal.

D’autres partis, notamment l’Union socialiste des forces populaires (USFP, coalition gouvernementale) ne se sont pas prononcés, se contentant de réclamer dans leurs organes de presse des "réformes incontournables" (Libération, quotidien de l’USFP).