Société

Les otages d’Aqmi au Niger ont été libérés en échange d’une rançon

La libération de trois des sept otages détenus par Aqmi depuis le mois de sepembre, a été consécutive au paiement d’une rançon, selon une source proche du dossier. Nicolas Sarkozy a remercié les groupes Areva et Vinci-Satom pour leur rôle dans ce dénouement.

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Mis à jour le 26 février 2011 à 12:43

Des otages d’Al-Qaida au Maghreb islamique le 30 septembre 2010. © AFP

Trois des sept otages enlevés en septembre 2010 par Al-Qaïda dans le nord du Niger – une Française, un Malgache et un Togolais – ont été libérés dans la nuit de jeudi à vendredi 25 janvier en territoire nigérien et emmenés à Niamey où ils sont en bonne santé.

L’annonce de cette libération, faite dans un premier temps de source sécuritaire à Niamey, a été aussitôt confirmée par les présidences togolaise et française, cette dernière précisant qu’ils étaient "en bonne santé" et qu’ils avaient été libérés jeudi "en fin de journée".

L’otage française souffre d’un cancer et, peu de temps avant d’être enlevée, elle avait subi une chimiothérapie, selon un de ses proches.

Aucune précision n’a été donnée sur les conditions de leur libération ni sur le sort des quatre autres otages, tous des hommes français.

Paiement d’une rançon ?

Une rançon a été payée en échange de ces libérations, a affirmé une source proche de la médiation malienne et nigérienne ayant participé aux négociations, sans vouloir en dévoiler le montant ni qui l’avait versée.

Le président français Nicolas Sarkozy "se réjouit de la libération de notre compatriote Françoise Larribe, de Jean-Claude Rakotorilalao (Malgache) et d’Alex Awando (togolais) enlevés le 16 septembre dernier à Arlit au Niger", selon un communiqué publié par la présidence. Il " remercie les autorités nigériennes ainsi que ceux qui ont participé à cette libération, en particulier les sociétés Areva et Vinci-Satom" dont les otages, hormis la femme, étaient employés au moment de leur enlèvement.

Le 16 septembre 2010, un cadre français du groupe Areva et son épouse, Françoise Larribe, ainsi que cinq employés (trois Français, un Togolais et un Malgache) de son sous-traitant Satom, filiale du groupe Vinci, avaient été enlevés sur le site d’extraction d’uranium d’Arlit (nord du Niger).

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait revendiqué leur enlèvement le 21 septembre et le 30, diffusait une photo des otages, accompagnée d’un enregistrement audio. L’image les montrait assis sur le sable dans le désert, des hommes en armes debout derrière eux. Un seul des ravisseurs, assis à côté des otages, n’avait pas le visage masqué. Pierre Camatte, ex-otage français qui avait été détenu près de trois mois dans le désert malien par Aqmi, avait affirmé avoir reconnu en lui l’Algérien Abdelhamid Abou Zeid, un des chefs les plus radicaux d’Aqmi.

Abou Zeid avait dirigé l’enlèvement du Français Michel Germaneau, 78 ans, dont Aqmi avait annoncé l’exécution le 25 juillet 2010. Son groupe est également responsable de l’assassinat en 2009 d’un otage britannique, Edwin Dyer.

"Pas l’affaire de Ben Laden"

Oussama Ben Laden, auquel Aqmi a fait allégence, a à deux reprises réclamé le retrait de la France d’Afghanistan en échange de la libération des otages, exigence rejetée par le gouvernement français.

"Nous sommes arrivés à convaincre les ravisseurs que" la libération des otages "n’est pas l’affaire de Ben Laden, mais leur affaire", a affirmé la source proche de la médiation.

Selon des sources maliennes et françaises, les otages ont été longtemps détenus dans le nord-est du Mali, près de l’Algérie. Mais une source malienne proche du dossier avait affirmé le 23 janvier qu’ils avaient été dispersés et transférés hors du Mali.

Aqmi, qui a des bases au Mali, opère dans plusieurs pays du Sahel où elle commet attentats, enlèvements, essentiellement de ressortissants occidentaux, et divers trafics.