Politique

Burkina Faso : les mutins ont obtenu leur dû, selon un officier

Les soldats de la garde présidentielle du Burkina Faso qui se sont mutinés jeudi soir pour obtenir le paiement d’une indemnité de logement et d’alimentation qui leur avait été promise, « ont perçu leur argent ce matin », a affirmé un officier.

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Mis à jour le 15 avril 2011 à 20:48

Le président burkinabè Blaise Compaoré, le 1er avril 2011 à Ouagadougou. © AFP

"Depuis ce matin, ils ont leur argent, tout le monde l’a eu", a affirmé cet officier sous couvert d’anonymat, sans préciser le montant et le nombre de soldats qui ont bénéficié de cette indemnité.

Les tirs à l’arme lourde et légère qui, depuis jeudi soir, début de la mutinerie, ont été entendus quasiment sans interruption en divers lieux de Ouagadougou, avaient cessé en fin d’après-midi, a constaté le journaliste de l’AFP.

La mutinerie des soldats de la garde présidentielle s’est étendue à d’autres corps d’armée et des dizaines de militaires armés sont descendus dans les rues, tirant en l’air avec des armes lourdes et légères, pillant et saccageant de nombreux magasins du centre-ville, "réquisitionnant" des véhicules particuliers.

Crainte de nouveaux troubles

"Le problème, c’est qu’il y a en ce moment un stock de 40 véhicules particuliers parqués" dans l’enceinte de la garde présidentielle, a affirmé l’officier de la garde, craignant qu’ils ne soient prochainement utilisés par les soldats pour aller en ville commettre d’autres méfaits.

Les services d’information du gouvernement ont publié un communiqué dans lequel ils expriment "leur regret et leur compassion" à l’égard "de toutes les personnes qui ont subi des préjudices" lors de cette mutinerie.

Outre de précédentes mutineries de l’armée, le régime du président burkinabè Blaise Compaoré est confronté depuis février à divers mouvements de contestation venus de toutes les sections de la société, jeunes, étudiants, magistrats, commerçants.