Politique

Fatah et Hamas font la paix et s’accordent sur la formation d’un gouvernement

Le Fatah et le Hamas, les deux mouvements palestiniens qui se partagent le pouvoir respectivement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, sont parvenus à un accord mercredi. Ils se sont entendus pour former un gouvernement transitoire en vue d’élections présidentielle et législatives.

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Mis à jour le 28 avril 2011 à 17:03

Poster du leader du Hamas et du chef du Fatah, le 28 avril à Gaza. © AFP

Le Hamas ne cherchera pas à empêcher le Fatah de mener des négociations de paix avec Israël, a assuré un haut dirigeant du mouvement islamiste palestinien jeudi 28 avril, au lendemain d’un accord entre les deux frères ennemis palestiniens sur la formation d’un gouvernement.

Mahmoud Zahar, l’un des dirigeants du groupe islamiste dans la bande de Gaza, a souligné que le Hamas restait sur la même ligne : « pas de reconnaissance [d’Israël], pas de négociation ».

Mais il a ajouté que le mouvement n’essayerait pas d’empêcher le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas de chercher à obtenir un accord de paix avec Israël.

« Si le Fatah est prêt à assumer la responsabilité de négocier sur des absurdités, qu’il le fasse. S’ils parviennent à obtenir un État, tant mieux pour eux », a déclaré M. Zahar.

« Nous ne considérions pas ce qui était en cours comme un processus de paix, et nous n’y avons donc pas participé », a-t-il ajouté, en référence à plus de deux décennies de négociations qui ont donné aux Palestiniens une autonomie limitée en Cisjordanie et de Gaza, mais n’ont pas mis fin au conflit.

M. Zahar a souligné que le gouvernement transitoire que les deux mouvements palestiniens ont accepté de former ensemble n’aura pas de mandat lui permettant de négocier avec Israël.

"Favoriser les négociations"

De son côté, le président palestinien Mahmoud Abbas a estimé que l’accord de réconciliation avec le Hamas allait « favoriser les négociations » de paix avec Israël.

« Nous escomptons que ce qui a été réalisé hier [mercredi au Caire] entre le Fatah et la Hamas favorise les négociations », a déclaré M. Abbas à l’issue d’une rencontre à Ramallah avec les auteurs d’un nouveau plan de paix lancé par des personnalités israéliennes indépendantes.

« Nous espérons que cela conduira tous les mouvements palestiniens à accepter les conditions du Quartette » sur le Proche-Orient (États-Unis, Russie, ONU et Union européenne), a-t-il ajouté, en référence à la renonciation à la violence, au respect des accords conclus et à la reconnaissance du droit d’Israël à exister.

Fatah et Hamas se sont mis d’accord mercredi au Caire pour former un gouvernement composé de personnalités indépendantes, en vue d’élections présidentielle et législatives d’ici un an.

Les deux parties ont aussi trouvé un accord sur la libération de prisonniers politiques et la restructuration de forces de sécurité à Gaza et en Cisjordanie.

Reconnaissance d’un État palestinien

Le Hamas, qui ne reconnaît pas l’existence d’Israël, a dans le passé évoqué la possibilité d’envisager une trêve de longue durée avec l’État hébreu.

Vainqueur d’élections parlementaires en 2006, le mouvement islamiste a pris le pouvoir dans la bande de Gaza un an plus tard, dans la foulée d’une semaine de guérilla urbaine meurtrière avec le Fatah.

Des négociations directes entre Israël et le Fatah, qui siège en Cisjordanie, ont été interrompues quelques semaines après leur reprise en septembre dernier, en raison d’un différend sur la poursuite par Israël de la colonisation.

Depuis, elles sont au point mort et le président Abbas cherche à obtenir une reconnaissance par les Nations unies d’un État palestinien dont les frontières seraient celles d’avant 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.