Politique

Nouvelles émeutes dans le Sud du Burkina Faso

Le président burkinabè Blaise Compaoré avec des officiers de l'armée le 29 avril.

Le président burkinabè Blaise Compaoré avec des officiers de l'armée le 29 avril. © AFP

De nouvelles violences ont touché vendredi une ville du sud du Burkina Faso, Manga, mais des policiers entrés en mutinerie mercredi, ont appelé à y mettre fin après concertation avec le gouvernement.

Quatre élèves de Manga ont été blessés par la police, dont trois par balle, lors d’une manifestation au cours de laquelle les jeunes ont ensuite mis le feu au commissariat de la ville.

Après avoir abandonné les cours, les élèves sont allés manifester à proximité du commissariat pour protester contre une mutinerie de policiers qui s’était produite jeudi, au cours de laquelle une de leurs camarades avait été blessée par une balle perdue à son domicile.

Ils ont voulu franchir un barrage érigé par les policiers qui ont d’abord tiré des gaz lacrymogènes pour tenter de les disperser, les jeunes ripostant par des jets de pierres.

Blessés par balle

Puis, débordés par l’afflux de manifestants, les policiers ont fait usage de leurs armes, selon un habitant interrogé par téléphone.

"Il y a un élève de 3è qui a été blessé et évacué au Centre hospitalier national de Ouagadougou", a-t-il ajouté. Une source médicale a précisé que les trois autres blessés pouvaient être pris en charge "sans problème" par le centre médical local.

Les policiers ont ensuite abandonné le commissariat qui a été incendié par les jeunes.

Pour la première fois depuis le début d’une vague de contestation populaire qui a débuté fin février au Burkina Faso, des policiers, suivant l’exemple de soldats, s’étaient mutinés mercredi et jeudi à Ouagadougou et plusieurs autres villes.

Tout comme les soldats – dont ceux de la garde présidentielle – qui se sont mutinés à plusieurs reprises depuis la mi-mars dans plusieurs villes du pays, y commettant de nombreux pillages, les policiers réclament de meilleures rémunérations et le départ de certains de leurs chefs.

A l’issue de deux jours de concertation avec le ministre de la Sécurité, Jérôme Bougouma, ils ont appelé à cesser "toute forme de manifestation" et présenté leurs "excuses pour les désagréments subis" par les usagers.

Les militaires reçus par Blaise Compaoré

De leur côté, pour la seconde fois en un mois, les soldats ont été reçus par le président Blaise Compaoré, également ministre de la Défense.

"Je pense que les représentants des différents corps d’armée ont pris conscience qu’ils ont créé (…) un malaise à la fois pour l’armée et pour la société qu’il faut corriger et repartir sur de nouvelles bases", a déclaré M. Compaoré après la rencontre.

En dépit d’une série de mesures prises par le chef de l’Etat et le gouvernement de son nouveau Premier ministre Luc Adolphe Tiao formé le 21 avril, la tension demeure.

Mercredi à Koudougou, ville du centre d’où était partie le 22 février la vague de contestation populaire après la mort d’un jeune lors de son interpellation par la police, des jeunes et des commerçants ont violemment manifesté, incendiant le siège de la police, ainsi que d’autres bâtiments d’organismes ou de personnes proches du pouvoir.

Les manifestations de colère contre la vie chère et le régime de Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987 par un coup d’Etat militaire, touchent désormais presque toutes les catégorie socio-professionnelles du pays.

L’opposition a appelé à une grande manifestation samedi à Ouagadougou contre le régime Compaoré et le coût de la vie, alors que la majorité des 16 millions de Burkinabès survit avec 1,50 euro par jour.

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