Politique

Des centaines de Burkinabè pour la « grande mobilisation » contre Compaoré

Des manifestants exigent le départ du président Blaise Compaoré à Ouagadougou le 30 avril 2011. © AFP

Plusieurs centaines d'opposants ont manifesté samedi à Ouagadougou pour exiger le départ du président Blaise Compaoré au moment ou était annoncée la mort d'un enfant de 11 ans tué par la balle perdue d'un policier mutin.

"Blaise out! Blaise dehors", "Blaise dégage!", "Tous unis pour le départ de Blaise Compaoré", pouvait on lire sur les pancartes brandies par les manifestants. Une autre, "Blaise = Ben Ali", faisait allusion à l’ex-président tunisien contraint de quitter le pouvoir par un soulèvement populaire.
 
Trente-quatre partis politiques avaient appelé à une "grande mobilisation" contre le régime Compaoré. En dépit du nombre relativement faible de manifestants, les chefs de l’opposition se sont déclarés satisfaits.
 
L’opposition satisfaite
 
"On est très satisfaits de la mobilisation, malgré le travail de sape énorme du pouvoir", s’est félicité le principal opposant, Bénéwendé Stanislas Sankara. Il a invité "les forces armées, en tant que composantes à part entière de notre peuple à avoir un comportement citoyen".
 
Pour réclamer de meilleures conditions financières, les militaires, dont ceux de la garde présidentielle, se sont mutinés à plusieurs reprises dans plusieurs villes depuis le 23 mars, tirant en l’air dans les rues et commettant de nombreux pillages.
 
 
Un enfant tué par une balle perdue
 
Le ministre de la sécurité, Jérôme Bougouma, a annoncé qu’un enfant de 11 ans, blessé mercredi à la tête d’une balle perdue tirée par un policier mutin, était mort à l’hôpital des suites de ses blessures vendredi.
 
Les mutins avaient tiré en l’air dans l’enceinte de leur caserne à Ouagadougou , mais aussi à l’extérieur.
 
Le ministre de la Santé, Adama Traoré, a de son côté indiqué que dans la seule ville de Ouagadougou, six personnes – dont l’enfant – avaient été tuées accidentellement depuis le début des mutineries de soldats le 23 mars, suivies mercredi et jeudi de celles des policiers.
 
Aucun bilan n’a été fourni concernant les victimes dans d’autres villes également affectées par ces mutineries, pas plus que sur celles des manifestations populaires violentes contre le régime du président Blaise Compaoré, qui avaient débuté le 22 février.
 
Selon un décompte de l’AFP, outre la mort de Justin Zongo, un jeune décédé à cette date dans des circonstances controversées lors de son interpellation par la police à Koudougou (centre), six autres personnes ont été tuées par la suite au cours de diverses manifestations dans tout le pays.
 
Le ministre de la Sécurité a par ailleurs annoncé qu’une "dizaine" de personnes avaient été blessés vendredi lors de violences à Manga (sud) entre plusieurs centaines de jeunes et des policiers qui avaient tiré sur eux, d’abord avec des gaz lacrymogènes, puis à balles réelles.
 
Les jeunes avaient ensuite incendié le commissariat de la ville, déserté par des policiers débordés par l’empleur de la manifestation.
 
Un premier bilan, établi à partir de témoignages recueillis sur place, faisait état de quatre blessés, dont trois par balle.
 
Les manifestations contre la vie chère et le régime de Blaise Compaoré, un militaire arrivé au pouvoir il y a 24 ans par un coup d’Etat, touchent désormais presque toutes les catégories socio-professionnelles du pays.
 
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