Défense

L’opération de la Mauritanie contre Aqmi au Mali se poursuit, il y aurait « trente morts »

Des militaires maliens patrouillent près de Tombouctou. © AFP

L'opération militaire lancée vendredi par la Mauritanie contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Mali se poursuivait dimanche et a déjà fait plusieurs morts, a-t-on appris de sources militaires et auprès des services de sécurité à Nouakchott et Bamako. Selon une source bien informée interrogée par jeuneafrique.com, une embuscade, tendue à des militaires mauritaniens qui auraient agi sans informer aucune autre autorité militaire, aurait fait "30 morts".

Les militaires mauritaniens engagés dans cette opération contre un campement d’Aqmi qui a lieu à l’ouest du Mali, dans le secteur de la forêt du Wagadou proche de la frontière mauritanienne, ont reçu des renforts dans la nuit de samedi à dimanche, selon des sources sécuritaires interrogées depuis Bamako. Vendredi, une source militaire mauritanienne avait pourtant affirmé que le campement d’Aqmi dans cette forêt avait été « entièrement détruit ».

Le nombre d’hommes engagés n’est pas connu et, d’une manière générale, l’armée mauritanienne communique très peu sur l’opération qui, selon ces sources, a fait plusieurs morts, sans que l’on sache de quel camp ils sont. Aqmi n’a pas non plus communiqué sur cette opération.

Au moins trois soldats mauritaniens blessés ont été ramenés samedi du front à Nouakchott où il ont été admis dans un hôpital militaire, selon des sources de l’armée mauritanienne. La presse mauritanienne a parlé dimanche de deux militaires tués et de deux autres blessés lorsque leur voiture a sauté vendredi soir sur une mine à l’entrée de la forêt du Wagadou.

Appui malien

Les forces mauritaniennes, appuyées par des unités militaires maliennes, encerclaient toujours la forêt où sont retranchés les hommes d’Aqmi, selon des sources militaires mauritaniennes. Des avions mauritaniens poursuivaient également leur mission de reconnaissance au-dessus de la forêt, mais selon ces sources, aucun combat n’était signalé depuis vendredi soir, même si « de temps à autre des tirs d’armements lourds contre des objectifs supposés » peuvent parfois intervenir.

L’armée malienne a pour sa part arrêté dans la nuit de samedi à dimanche neuf membres d’Aqmi près de la forêt de Wagadou, selon une source militaire. Il s’agit de six Mauritaniens et de trois personnes d’ethnie peule dont la nationalité n’a pas été précisée.

L’offensive mauritanienne a été lancée quatre jours après le début d’opérations menées conjointement avec l’armée malienne le long de leur immense frontière commune, qui comprend la zone de la forêt du Wagadou. Les soldats maliens n’y ont pas participé.

Le Mali et la Mauritanie sont parmi les pays les plus touchés par les activités d’Aqmi, avec le Niger et l’Algérie, où cette organisation a ses racines. Elle possède des bases dans le nord du territoire malien d’où elle organise dans le Sahel des attentats et des enlèvements – essentiellement d’Occidentaux – ainsi que divers trafics.

"Agir pour prévenir"

Aqmi retient depuis la mi-septembre 2010 quatre Français enlevés à Arlit, dans le nord du Niger, ainsi qu’une Italienne enlevée le 2 février dans le sud de l’Algérie. Face à cette situation, la Mauritanie avait déjà mené à partir de juillet 2010 et pendant plusieurs mois, avec le feu vert de Bamako, des opérations militaires contre des bases d’Aqmi.

« Il fallait agir pour prévenir les attaques » en Mauritanie « pour déstabiliser leurs positions et les amener au plus loin de notre territoire », avait déclaré début juin à l’AFP le président mauritanien Mohamed Oul Abdelaziz.

Selon lui, le retrait de son armée du Mali avait été aussitôt suivi par l’implantation de nouvelles unités d’Aqmi près de la frontière, en particulier la forêt du Wagadou. Source d’inquiétude également pour lui, comme pour tous les chefs d’État de la région, l’arrivée massive d’armes venant de la Libye en guerre, « en quantité et en qualité » selon M. Ould Abdelaziz.

Le 12 juin, l’armée nigérienne a saisi 640 kg d’explosifs, dont du Semtex tchèque, et 435 détonateurs, en provenance de Libye, selon des sources militaires.

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