Droits de l’homme

Syrie : la mission des observateurs suspendue en raison des violences

| Par AFP
Des soldats ayant fait défection dans la ville de Homs, le 26 janvier 2012.

Des soldats ayant fait défection dans la ville de Homs, le 26 janvier 2012. © AFP

La mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie a été suspendue samedi en raison de la recrudescence des violences contre les civils, le chef de l’organisation panarabe accusant le président Bachar al-Assad d’avoir choisi l' »option de l’escalade ».

La mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie a été suspendue samedi en raison de la recrudescence des violences contre les civils, le chef de l’organisation panarabe accusant le président Bachar al-Assad d’avoir choisi l’"option de l’escalade".

"La décision de suspendre la mission des observateurs a été prise après une série de consultations avec les ministres arabes des Affaires étrangères en raison de la recrudescence des violences dont sont victimes les civils", a annoncé le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, dans un communiqué. Le régime syrien a "choisi l’option de l’escalade", a-t-il dénoncé.

Le chef de la mission d’observation de la Ligue arabe, le général soudanais Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, avait déploré vendredi une augmentation "importante" des violences depuis mardi, en particulier à Homs et Hama (centre) et à Idleb (nord-ouest). "La situation actuelle, en termes de violences, n’aide pas à préparer une atmosphère (… permettant) d’obtenir que toutes les parties viennent s’asseoir à la table des négociations", principal objectif du plan arabe de sortie de crise, avait-il ajouté.

Depuis mardi, les violences ont fait au moins 210 morts, dont 142 civils, selon des chiffres compilés par l’AFP à partir d’informations officielles et de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Les 165 observateurs de la Ligue arabe ont été déployés depuis le 26 décembre avec l’accord de Damas pour surveiller l’application d’un plan de sortie de crise prévoyant l’arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait des chars des villes et la libre circulation des médias étrangers. Mais aucune de ces clauses n’a été mise en oeuvre par Damas.

Les violences se poursuivent

Trente-quatre personnes ont été tuées samedi à travers le pays, dont 23 militaires. Sept soldats ont été tués près de Damas dans une attaque contre un bus de l’armée par un "groupe terroriste armé", a rapporté l’agence officielle Sana. Dans le centre du pays, des affrontements entre l’armée et des déserteurs ont fait huit morts: cinq militaires tués à Houla et trois déserteurs morts à Rastane, a déclaré à l’AFP le chef de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

"Un grand nombre de soldats qui étaient avec l’armée régulière sur les innombrables barrages à l’intérieur de la ville ont déserté et se sont opposés par les armes aux soldats du régime", a déclaré à l’AFP par téléphone un habitant de Rastane. "Les habitants essaient d’aider les déserteurs à se frayer un chemin en dehors de Rastane vers les positions de l’Armée syrienne libre (ASL, armée dissidente), a-t-il poursuivi, soulignant que la ville était toujours encerclée par les forces du régime.

Dans la région de Ghouta, à moins de 10 km de la capitale, de violents affrontements ont opposé déserteurs et militaires. Onze soldats et six civils ont été tués, et cinq déserteurs et des dizaines de civils ont été blessés, selon l’OSDH. Deux autres civils ont péri dans la province de Deraa (sud) et celle de Deir Ezzor (est), selon l’OSDH.

Le régime syrien ne reconnaît pas l’ampleur de la révolte qui ne faiblit pas depuis mars, et affirme lutter contre des "gangs terroristes" cherchant à semer le chaos dans le pays. Après plus de dix mois de révolte et des milliers de morts selon l’ONU –dont au moins 384 enfants d’après l’Unicef — Paris, Londres, Berlin et plusieurs pays arabes ont présenté vendredi au Conseil de sécurité un projet de résolution qui reprend les grandes lignes du plan annoncé il y a une semaine par la Ligue arabe.

Moscou opposé à un "embargo sur les armes"

Ce plan prévoit un transfert du pouvoir du président Assad à son vice-président. La résolution exige également "que le gouvernement syrien mette immédiatement un terme à toutes les attaques et violations des droits de l’Homme" contre sa population civile. Mais Moscou s’oppose à ce texte: "J’ai dit clairement que la Russie ne considérait pas ce projet de texte comme une base d’accord", a déclaré l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine. "Cela ne veut pas dire que nous refusons de discuter". "Nous avons indiqué quelles étaient nos lignes rouges", a-t-il expliqué en citant l’opposition de Moscou à "toute indication de sanctions (..) et à l’imposition d’un quelconque embargo sur les armes" vers la Syrie.

Des experts doivent se réunir lundi pour préciser les points d’achoppement avant des négociations de fond prévues mercredi. Entre-temps, des responsables de la Ligue arabe, dont M. Arabi, doivent exposer mardi les détails du plan arabe au Conseil de sécurité. L’ambassadeur français Gérard Araud a dit "espérer un accord sur une résolution à la fin de la semaine prochaine". En octobre, la Russie et la Chine avaient mis leur veto à un précédent texte condamnant la répression sanglante.

Dans ce contexte, le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la plupart des courants de l’opposition, "a décidé de se rendre demain (dimanche) devant le Conseil de sécurité, sous la direction de Bourhan Ghalioun, pour présenter l’affaire syrienne (…) et exiger une protection internationale pour les civils", a déclaré Samir Neshar, membre du comité exécutif du CNS.

Il a aussi condamné la "participation" de l’Iran à la répression et appelé Téhéran à cesser de soutenir le régime de Damas. M. Neshar a appelé à cet égard à des manifestations dimanche devant les ambassades syriennes et russes à travers le monde ainsi que les représentations de l’ONU.

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