Politique

Les Sénégalais ont voté dans le calme au second tour de la présidentielle

Les Sénégalais ont voté dimanche dans le calme au second tour de la présidentielle entre le chef de l’Etat sortant Abdoulaye Wade et son ex-Premier ministre Macky Sall, favori après avoir rallié toute l’opposition et une grande partie de la société civile.

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Mis à jour le 25 mars 2012 à 20:44

Une Sénégalaise vote lors du 2e tour de la présidentielle,le 25 mars 2012 près de Dakar. © AFP

Ouverts à 08H00 (locales et GMT), les bureaux de vote ont fermé à 18H00 et le dépouillement des bulletins a aussitôt commencé. Les premiers résultats officiels ne sont pas attendus avant mardi ou mercredi, mais des médias sénégalais ont déjà commencé à donner des chiffres bureau par bureau.

Hormis l’action d’hommes armés qui ont perturbé le vote dans quelques bureaux de Casamance (sud), région en proie à une rébellion indépendantiste depuis trente ans, aucun incident grave n’a été signalé dans le reste du pays.

Macky Sall a à plusieurs reprises appelé à "la vigilance", craignant des fraudes organisées par le Camp Wade. La France a dit avoir "confiance" dans le peuple sénégalais pour accepter le résultat quel qu’il soit.

Le Sénégal est souvent cité comme l’un des rares exemples de démocratie en Afrique, en particulier en Afrique de l’Ouest régulièrement secouée par des violences politico-militaires, comme en témoigne le coup d’Etat qui a renversé jeudi au Mali voisin le président Amadou Toumani Touré.

La campagne a donné lieu à quelques incidents violents entre partisans des deux candidats, sans commune mesure toutefois avec les manifestations et les violences qui avaient précédé le premier tour du 26 février et avaient fait de six à 15 morts et au moins 150 blessés.
Thijs Berman, chef des observateurs de l’Union européenne (UE), a espéré que le Sénégal montrera "un exemple fort" de démocratie dans la région après le coup de force à Bamako.

Dès l’ouverture des bureaux, des files d’attente se sont formées, ce qui avait été le cas lors du premier tour à l’issue duquel, pourtant, la participation avait tout juste dépassé les 51%.

Ndèye Fall, institutrice, a voté dans un quartier populaire de la capitale en souhaitant "que Macky Sall gagne cette élection parce que les temps sont durs au Sénégal". La plupart des votants ont préféré taire leur choix.

Wade oublie son bulletin

Candidat à sa propre succession, Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000, était arrivé en tête du premier tour avec 34,81% des voix, suivi de Macky Sall (26,58%).

Mais ce dernier, âgé de 50 ans, a obtenu le ralliement des douze battus du premier tour qui veulent barrer la route à M. Wade dont ils ont jugé la candidature "anticonstitutionnelle" après deux mandats.

Macky Sall disposait également du soutien de mouvements de jeunes comme "Y’en a marre" et de celle le célèbre chanteur populaire Youssou Ndour.

Accompagné de son épouse, M. Sall a voté dans la matinée dans une école de sa ville de Fatick (centre) et a salué "la mobilisation" des Sénégalais.

Le président sortant a lui voté en famille dans son quartier du "point E" à Dakar, où il a été accueilli sous les acclamations de 200 à 300 de ses partisans.

Il a oublié son bulletin dans l’isoloir et est allé le rechercher pour le glisser dans l’urne, a constaté un photographe de l’AFP. Lors du premier tour, il avait été copieusement sifflé dans ce même bureau. Cette fois les services de sécurité avaient pris leurs précautions.

M. Wade a assuré que des "responsables" de l’opposition étaient d’ores-et-déjà "d’accord pour venir dans un gouvernement que je vais former".

A la veille du vote, plusieurs acteurs de la vie politique et les observateurs avaient appelé à un scrutin pacifique.
Sur le papier, si les appels à voter pour lui des douze candidats éliminés au premier tour ont été suivis, Macky Sall peut l’emporter avec plus de 60% des voix, tandis que M. Wade comptait sur les abstentionnistes du premier tour (48,42%).

Au total, quelque 300 observateurs étrangers ont surveillé le vote, notamment de l’Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union européenne (UE).