Économie

Sommet de Kigali : le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya se rapprochent

Paul Kagame, le président rwandais, qui s'est réuni avec les chefs d'État de l'Ouganda et du Kenya pour la troisième fois en cinq mois.

Paul Kagame, le président rwandais, qui s'est réuni avec les chefs d'État de l'Ouganda et du Kenya pour la troisième fois en cinq mois. © Fred Dufour/AFP

Les chefs d’État du Rwanda, de l’Ouganda et du Kenya se sont réunis en sommet à Kigali ce lundi 28 octobre, où ils ont approfondi la question de l’intégration économique. Le Burundi et la Tanzanie n’ont pas pris part à ces décisions, qualifiées « d’illégales » par Dar es-Salaam.

Un nouveau bloc sous-régional est-il en train de se dessiner en Afrique de l’Est ? Pour la troisième fois en cinq mois, les chefs d’État du Rwanda, de l’Ouganda et du Kenya se sont réunis pour un sommet, ce lundi 28 octobre, en l’absence de deux de leurs partenaires de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) : le Burundi et la Tanzanie. Paul Kagame, Yoweri Museveni et Uhuru Kenyatta s’étaient déjà réunis en juin à Entebbe (Ouganda) et en août à Mombassa (Kenya), pour les deux premiers « Sommets tripartites sur les infrastructures ».

A Kigali, cette troisième rencontre a acté le rapprochement entre les trois pays, avec, notamment, l’entrée en vigueur d’une « union douanière », qui devrait faciliter le commerce entre les trois pays. Une union similaire doit, pourtant, être progressivement adoptée par l’EAC dans son ensemble. Salva Kiir, le président du Soudan du Sud, dont le pays n’est pas membre de l’EAC, était également présent à Kigali et a manifesté sa volonté de s’associer au rapprochement entre ces trois pays, annonçant notamment que les Rwandais n’auraient désormais plus besoin d’obtenir un visa à l’avance pour se rendre dans son pays.

Absence de la Tanzanie

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Le grand absent de ces rencontres est le Tanzanien Jakaya Kikwete, dont le gouvernement est allé jusqu’à qualifier la réunion de Kigali « d’illégale ». Le protocole de l’EAC « permet aux pays membres de passer des accords bilatéraux ou trilatéraux, mais il est obligatoire que l’objet de ces accords soit discuté et validé par tous les pays membres », avait estimé la semaine dernière la porte-parole du ministère tanzanien de l’EAC. ;Le président tanzanien devait par ailleurs prononcer un discours aux côtés de ses homologues rwandais, ougandais et kényan le 29 octobre à Kigali, à l’occasion du Sommet sur les nouvelles technologies « Transform Africa », avant que sa venue ne soit annulée.

La relation entre la Tanzanie et ses voisins du Nord s’est dégradée ces derniers mois, en particulier avec le Rwanda. En mai, Jakaya Kikwete avait notamment conseillé à Kigali d’ouvrir des négociations avec le Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR), rébellion hutu basée à l’est de la RD Congo. En réponse, le président rwandais Paul Kagame avait menacé, le mois suivant, de « frapper » la Tanzanie. La Tanzanie a par ailleurs envoyé un bataillon au sein de la Brigade d’intervention de la Monusco, qui appuie l’armée congolaise dans sa traque du Mouvement du 23 mars (M23), rébellion soutenue par le Rwanda selon les experts de l’ONU. Ce que Kigali dément.

Interrogé par un journaliste sur l’hostilité des Tanzaniens à l’égard de leur réunion, le président ougandais Yoweri Museveni a botté en touche. « Nous n’avons pas l’habitude de mener nos relations internationales par voie de presse, a-t-il déclaré. Et nous n’avons pas reçu de lettre officielle à ce sujet. »

Mesures d’intégration

L’union douanière entre le Rwanda, le Kenya et l’Ouganda, surnommés « la coalition des enthousiastes » par la presse, devrait simplifier et accélérer le transit des marchandises entre les trois pays. Les importations de l’Ouganda et du Rwanda – deux pays enclavés – à partir du port kényan de Mombassa doivent notamment être facilitées.

De nouvelles mesures d’intégration sont par ailleurs prévues, comme la délivrance d’un visa touristique commun aux trois pays ou encore la possibilité pour leurs citoyens de voyager d’un pays à l’autre avec une simple carte d’identité. Un accord sur ces points doit être atteint « courant novembre », selon le communiqué final du sommet. Et celles-ci devraient entrer en vigueur lors d’un prochain sommet, auquel ni le Burundi, ni la Tanzanie ne participeront.

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