Politique

Guinée-Bissau : le candidat des militaires va diriger la transition

Des partisans de Manuel Serifo Nhamadjo brandissent son affiche de campagne, le 16 mars 2012. © Issouf Sanogo/AFP

L'homme qui avait été proposé par les militaires qui ont pris le pouvoir à Bissau le 12 avril, Manuel Serifo Nhamadjo, va diriger la transition pendant un an malgré l'opposition de l'ex-parti au pouvoir, a décidé vendredi la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao).

L’homme qui avait été proposé par les militaires qui ont pris le pouvoir en Guinée-Bissau le 12 avril, Manuel Serifo Nhamadjo, va diriger la transition pendant un an malgré l’opposition de l’ex-parti au pouvoir, a décidé vendredi la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). "Nous avons pris la décision qui est la volonté exprimée par la plupart des parties que nous avons avons reçues et écoutées. Cette décision entre dans l’application de la Constitution (…). Le président de l’Assemblée nationale (M. Nhamadjo) assure la transition", a déclaré à la presse le secrétaire d’Etat nigérian aux Affaires étrangères, Nurudeen Mohammad.

A la tête d’une délégation de la Cedeao arrivée jeudi à Bissau qui a rencontré des représentants de la junte, des partis politiques et de la société civile, M. Mohammad a ajouté qu’il "n’est plus question d’un retour" au pouvoir de MM. Carlos Gomes Junior et Raimundo Pereira, l’ex-Premier ministre et le président par intérim renversés lors du putsch du 12 avril.

"Nous appelons tous ceux qui sont en désaccord avec le choix du président de transition, je veux parler d’une partie du PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, ex-parti au pouvoir) d’exprimer leur désaccord mais de manière ordonnée", sans violence, a dit M. Mohammad peu avant de quitter Bissau.

Consensus autour du Premier ministre

Après avoir été arrêtés et incarcérés pendant deux semaines, MM. Gomes Junior et Pereira ont été libérés le 27 avril et sont depuis réfugiés à Abidjan.
Le 21 avril, la junte avait proposé que M. Nhamadjo dirige la transition mais il avait refusé, considérant que sa nomination sortait de la "légalité". Ayant reçu l’onction de la Cédéao, il a cette fois-ci accepté. "Je vais continuer à travailler pour trouver un consensus autour du Premier ministre qui aura la tâche de former un gouvernement de transition: je sais que la tâche ne sera pas facile", a-t-il dit.

Le PAIGC a rejeté comme "anticonstitutionnelle" cette décision. "Nous n’allons pas reconnaître un président qui n’a pas été élu démocratiquement", a dit Augusto Olivais, un de ses dirigeants.

Dissident du PAIGC, M. Nhamadjo était arrivé 3e au premier tour de la présidentielle du 18 mars avec 15,75% des voix, un scrutin interrompu par le putsch. Arrivé en tête avec 49% des voix, M. Gomes Junior était favori du second tour qui avait été prévu le 29 avril. "Je demande à la Cedeao de sanctionner toux ceux qui tenteront d’entraver ce processus" de transition, a indiqué le chef de l’armée de Guinée-Bissau et auteur du coup d’Etat, le général Antonio Indjaï.

Quel sort pour la Missang ?

La délégation de la Cedeao n’a pas évoqué devant la presse le retrait des quelque 600 soldats de la Mission angolaise (Missang) présente dans le pays depuis mars 2011, ou l’arrivée d’une force militaire ouest-africaine destinée à remplacer la Missang, décidée par la Cédéao. Mais, interrogé vendredi par l’AFP, Daba Na Walna, porte-parole de la junte, a affirmé qu’il y a "une dynamique concernant le départ de la Missang".

"J’ai d’ailleurs entre mes mains une lettre du gouvernement angolais adressée au président de la Cedeao (le président ivoirien Alassane Ouattara) concernant le retrait du contingent angolais. Une fois que le premier contingent de la Cédéao sera mis en place, les Angolais se retireront", a-t-il déclaré.

Le ministre d’Etat angolais de la Coopération économique, Manuel Vicente, a affirme jeudi à Luanda que la Missang pourrait rester en Guinée-Bissau si la communauté internationale le demandait. La présence de la Missang a officiellement motivé le putsch du 12 avril, les militaires accusant l’Angola de soutenir Carlos Gomes Junior et de poursuivre des ambitions colonialistes. Face à ces tensions, l’Angola avait annoncé, le 9 avril, avant le coup d’Etat, le retrait de ses soldats.

La Guinée-Bissau, en instabilité chronique depuis son indépendance en 1974, est en outre devenue une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

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