Économie

Algérie : l’État fait valoir son droit de préemption dans la vente de Michelin à Cevital

Alors que Michelin avait annoncé en juin dernier la revente de sa filiale algérienne au groupe privé local Cevital, Alger a déclaré qu’il allait faire valoir son droit de préemption sur la société.

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Mis à jour le 4 novembre 2013 à 14:23

Le géant français du pneumatique avait annoncé en juin 2013 son intention de céder ses activités en Algérie à Cevital. © AFP

Le ministre algérien des Finances, Karim Djoudi, a affirmé dimanche que l’État algérien ferait valoir son droit de préemption sur la société de fabrication de pneumatiques Michelin Algérie, pour laquelle le groupe privé algérien Cevital s’était porté acquéreur. Selon le député et membre de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Smail Kouadria, qui a suivi ce dossier, le ministère algérien de l’Industrie a envoyé le 4 septembre un courrier à Michelin, l’informant que l’État avait décidé de faire valoir son droit de préemption.

En juin 2013, le géant français du pneumatique a annoncé son intention de céder ses activités en Algérie à Cevital et de restructurer sa branche poids lourds en France. Il a précisé qu’il cèderait dans un premier temps 67 % de ses activités en Algérie à Cevital, puis à terme, 100 %. Le groupe français arrêtera la production de pneus pour poids lourds dans son usine d’Alger fin 2013.

Droit de préemption

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Selon la Loi de finances complémentaire de 2009, l’État ainsi que les entreprises publiques disposent d’un droit de préemption sur toutes les cessions de participations des actionnaires étrangers ou au profit de ces derniers.

Le ministre algérien du Développement industriel, Amara Benyounes, a indiqué que l’État pouvait exercer son droit de préemption en raison du coût très bas de la transaction entre Cevital et Michelin. Selon ce dernier, les deux parties ont fixé le montant de la revente du terrain de près de 15 hectares qui abritait l’usine Michelin Algérie à Bachdjarrah (Alger) à 1,7 milliard de dinars (15,7 millions d’euros). Le ministre a estimé que ce prix était « bien loin de la réalité du marché ».

Investissements

« L’enjeu [derrière la décision de l’État algérien] est l’immobilier : nous allons pratiquer le droit de préemption pour récupérer les terrains, en vue d’y effectuer nombre d’investissements », a indiqué Karim Djoudi, cité par l’agence de presse algérienne APS.

Pour Smail Kouadria, cette démarche s’inscrit dans le cadre de l’accélération des investissements productifs et de la relance de l’industrie dans le pays. Selon lui, fermer ce site à quelques mois du démarrage de l’usine Renault en Algérie n’aurait pas de sens. « Le personnel de l’usine, dont 400 salariés sur 600 ont été licenciés, a un savoir-faire. L’État va préserver l’activité en faisant appel à un autre fabriquant », a-t-il ajouté.

Le député a précisé qu’avec des travaux de réhabilitation, l’usine pourrait devenir une entreprise de sous-traitance à même de fabriquer des pneus pour les voitures de Renault qui sortiront du site d’Oran dès 2014. « Il est fort possible que des fabricants de pneumatiques s’intéressent au marché algérien. Nous leur accorderons toutes les facilités nécessaires à l’investissement », a précisé pour sa part le ministre des Finances.